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Du chômage aux plans de relance, trois signes qui augurent mal de la croissance aux Etats-Unis


Bill Bonner

par Bill Bonner

▪ Il faisait gris, froid et le temps était à la neige à Paris ce matin. Nous étions censé être en route vers la chaleur de l’Inde, mais un changement de procédures de visa nous a pris par surprise. Notre voyage indien devra attendre le mois prochain — en attendant, nous revenons à notre chronique quotidienne des événements économiques et boursiers, comme tous les jours.

Quelle reprise ! Si l’économie continue à se remettre de la sorte, nous serons bientôt tous ruinés…

Les ventes de maisons chutent… le chômage grimpe… et les gens s’appauvrissent !

Comme nous le disions hier, ce pourrait être le début de la fin pour ce marché baissier. Nous avons vu la première jambe de baisse. Nous avons vu le rebond. Nous sommes prêt pour le prochain plongeon.

Cette semaine, les chiffres des ventes de maisons anciennes en décembre ont été publiés aux Etats-Unis. Ils étaient décevants, près de 17% inférieurs à ceux de l’année précédente.

Le chômage continue de grimper, pour autant que nous puissions en juger. Il grimpe pour deux raisons. Parce que nous vivons une dépression. Et parce que les autorités essaient de « faire quelque chose ».

A ce sujet, nous nous référons à trois phénomènes différents. Ils sont inter-connectés… et ils montrent tous la même chose : une économie qui est sur la pente descendante.

▪ Premièrement, les demandes d’allocations-chômage ont grimpé la semaine dernière… avec 36 000 demandeurs supplémentaires.

Bloomberg nous en dit plus:

« L’emploi a chuté dans 39 Etats des Etats-Unis en décembre, soit sept de plus que durant le mois précédent, ce qui indique que les pertes d’emploi ont été très larges ».

« Alors que le taux de chômage [américain] devrait atteindre en moyenne 10% cette année, les budgets des Etats pourraient continuer à subir la pression de recettes fiscales limitées et de versements d’assurance chômage. Même si le rythme des licenciements a ralenti sur les 12 derniers mois, le temps nécessaire pour trouver un emploi est passé au sommet record de 29,1 semaines en décembre ».

Une analyse effectuée par l’AP montre que les plans de relance n’ont aucun effet sur l’emploi. L’AP a examiné des régions ayant reçu de grosses sommes pour réparer des routes et des ponts, et a fait la comparaison avec celles qui n’ont rien reçu. Ils n’ont trouvé aucun lien entre les dépenses et les taux d’emploi.

Nous sommes nous-mêmes un peu surpris. Nous savions que les relances étaient du gaspillage. Mais nous pensions que les autorités pouvaient générer un peu d’embauche ici et là, si elles y mettaient un peu du leur. Apparemment pas — du moins pas à l’échelle du plan de relance actuel.

Pour dire les choses en termes un peu plus larges : les plans de relance ne relancent rien du tout. En fait, ils retardent. Puis ils affaiblissent… en prenant du capital qui devrait normalement aller à des utilisations productives et en le jetant par les fenêtres. Au lieu de laisser le secteur privé tranquille, de manière à ce qu’il puisse trouver de nouvelles manières de mettre les ressources au travail, les autorités prennent ces ressources et les gâchent « à l’ancienne », de manière improductive. Résultat : de l’argent dépensé ; pas de relance ; des gens plus pauvres.

▪ Deuxièmement, l’Institution Brookings a lancé un avertissement lundi. Selon elle, 30% des Etats-Unis sont sous le seuil de pauvreté, ou vont l’atteindre. Les Etats-Unis sont en train de devenir « un pays en voie de développement », déclarait le rapport, avec 39,1 millions de personnes pauvres.

▪ Troisièmement, lorsque les autorités prennent l’argent, l’éloignant des entreprises productives et des épargnants honnêtes, elles encouragent aussi les gens à ne PAS travailler. Comment est-ce possible ? Alan Reynolds expliquait dans le New York Post du mois dernier que les autorités avaient probablement ajouté deux points au taux de chômage simplement en faisant passer les allocations des 26 semaines traditionnelles aux 79 semaines actuelles.

« Lorsqu’on subventionne quelque chose, on en obtient plus », écrit-il.

C’est ainsi que les autorités fonctionnent. Elles punissent le succès et récompensent l’échec. Si un homme a la chance de trouver un bon emploi et de gagner de l’argent, les autorités l’en dépouillent à force d’impôts. S’il ne trouve pas de travail, en revanche, elles lui donnent des subventions. Plus il reste au chômage, plus elles lui donnent d’argent.

Si un banquier gère correctement sa banque, il n’obtient rien d’autre que des problèmes de la part des autorités : de la paperasserie, de la bureaucratie, des réglementations chicanières. Mais s’il la gère mal, il obtient des milliards de dollars de renflouage.

Si un constructeur automobile prend la meilleure entreprise du monde et la mène droit dans le mur, il obtient le soutien du gouvernement fédéral. S’il gère bien son entreprise, il n’obtient rien d’autre que des migraines.

Le programme de relance mis en place par les autorités récompense l’échec. Naturellement, elles en obtiennent beaucoup.

source : http://www.la-chronique-agora.com/articles/20100127-2452.html

Le chômage US confirme : nous sommes bel et bien dans une dépression !

par Bill Bonner
Bill Bonner

▪ La crainte. On peut presque la sentir. Jusqu’à présent, ce n’est qu’un souffle… une légère odeur… une petite trace dans l’air…

Les marchés ont chuté la semaine dernière. De même que l’or et le pétrole.

A quoi était-ce dû ? Qu’est-ce qui déclenche un krach ? Non que la semaine dernière ait été un krach. Mais notre drapeau d’alerte reste hissé. Parce que ce marché est en danger. C’est un marché qui cherche une raison de s’effondrer.

On ne sait jamais avec certitude quand et pourquoi les marchés s’effondrent. Vient un moment où les marchés deviennent comme des ivrognes qui voudraient jouer à la roulette russe. D’abord, ils doivent trouver le revolver. Ensuite, ils trouvent la gâchette.


Il nous semble que les investisseurs s’échauffent l’index, ces derniers jours. Certains font porter le chapeau à la Chine et à sa récente décision concernant un resserrement du crédit (ou ce qu’ils pensaient annoncer un resserrement du crédit)… d’autres ont accusé d’autres nouvelles provenant des Etats-Unis :

▪ « Aux Etats-Unis, les demandes d’emploi connaissent une hausse inattendue », déclarait un article de Bloomberg. Et pour l’Associated Press :

« Jeudi, une hausse surprenante des premières demandes d’indemnisation chômage a constitué un rappel douloureux du fait que les emplois restent rares six mois après le début de la reprise économique ».

« La hausse des demandes a éteint les espoirs de certains analystes qui voyaient l’économie produire un gain net d’emplois en janvier, aidant à nourrir la reprise ».

Quiconque est déçu par les chiffres de l’emploi n’a pas été attentif. Le crédit aux entreprises et aux consommateurs se réduit. Ce qui signifie que les entreprises ne se développent pas. Elles se contractent. Et par conséquent, elles ont besoin de moins d’employés.

Les gens qui n’ont pas d’emploi ne peuvent dépenser comme autrefois… et ils ne peuvent payer leurs factures. Aux Etats-Unis, une maison hypothéquée sur quatre est sous l’eau. Une sur dix est en saisie. Elles seront de plus en plus nombreuses à l’être à mesure que la dépression se poursuit et que le défaut de paiement devient plus acceptable socialement. Les précédentes générations considéraient le défaut de paiement et la saisie comme une disgrâce. Les prêteurs tenaient compte de cette aversion dans leurs taux de prêt. A présent, le défaut n’est plus qu’une stratégie financière. Lorsque les coûts du défaut sont inférieurs aux coûts de paiement… c’est ce que choisissent les emprunteurs. Comme Wall Street.

▪ Mais revenons à notre histoire…

Nous avons vu un autre index chatouilleux : les actions chutent en Asie. Cette fois-ci, on blâme Obama, qui s’est engagé à punir les banques par le biais de taxes supplémentaires.

Mais la vraie cause des tremblements de Wall Street, c’est l’économie. Les milliers de milliards de dollars de relances monétaire et budgétaire ne stimulent rien du tout. Ils ne font que faire passer le contrôle de l’économie entre les mains des autorités… pendant que la bulle de dette prend la même direction.

Est-ce que tout ça rend un pays plus prospère ? Bien sûr que non.

Les marchés boursiers ont ignoré les fondamentaux. Ils ont valorisé des dizaines de grandes entreprises à plus de 50 fois les bénéfices de l’année dernière. Dans l’ensemble, les cours sont plus près d’un plus haut que d’un plus bas. Et pourtant, une dépression apporte un plus bas, non un nouveau sommet.

Nous disons ça avec prudence. Il y a quelques années, nous l’aurions dit avec une confiance hardie, mais nous étions plus intelligent, à l’époque. A présent, nous commandons même notre petit-déjeuner avec circonspection. On ne sait jamais…

Personne ne sait avec certitude ce que M. le Marché va faire. S’il veut des cours plus élevés, il les obtiendra — quoi que nous disent les fondamentaux.

Mais nous devons tout de même nous en tenir aux fondamentaux. C’est tout ce que nous avons. Et ils nous disent d’être prudent. Durant une récession « normale », les entreprises devraient réembaucher, à ce moment du cycle. Elles ne le font pas. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas une récession « normale ». C’est une chose assez différente. Une chose qu’on n’a pas vue depuis 50 ans. Une chose qu’on ne voulait plus jamais revoir. Mais voilà — c’est une dépression. C’est ce que nous disent les chiffres élevés du chômage. Les gens qui possèdent et gèrent des entreprises n’embauchent pas. Ils savent que le match touche à sa fin.

Le chômage a dépassé les 10% aux Etats-Unis… et semble bien parti pour rester à ce niveau pendant longtemps. Le crédit aux entreprises et à la consommation décline pour la première fois depuis un demi-siècle. Et ces tendances aussi semblent destinées à durer. Il reste beaucoup d’erreurs à corriger et un long chemin à parcourir jusqu’au plancher.

Alors détendez-vous. Attachez votre ceinture. Vendez vos actions. Et profitez du spectacle.

source : http://www.la-chronique-agora.com/articles/20100125-2448.html

Publié par : crise2007 | janvier 23, 2010

L’enfer de la crise fiscale

L’enfer de la crise fiscale

PALO ALTO – Selon les pays, les administrations sous-nationales – états, pays, régions, agglomérations, villes, voire quartiers – jouent un rôle différent, mais rendent en général des services publics tels que brigades de police et de pompiers, transports, éducation, sans oublier les prestations sanitaires et sociales. Dans de nombreux pays, la fiscalité s’est effondrée à cause d’une mauvaise gestion combinée à la crise mondiale économique et financière.

En général, less administrations centrales et sous-nationales se répartissent les responsabilités en matière de fourniture et de financement des services publics, les subventions nationales qui servent au moins en partie aux services rendus à échelle locale et le prélèvement des impôts.

Aux Etats-Unis, le gouvernement fédéral a pour responsabilité première la défense, les pensions pour personnes âgées (Social Security) et des soins de santé pour les personnes âgées (Medicare) ; les gouvernements sous-nationaux sont responsables de l’éducation et de l’application de la loi. Le financement des soins pour les pauvres (Medicaid) est une responsabilité partagée par les deux. Le gouvernement fédéral donne des fonds appropriés aux états et aux administrations locales par le biais de conventions déterminant les responsabilités partagées. Certaines de ces conventions accordent une grande discrétion aux gouvernements, d’autres non.

La crise économique et financière a obligé les gouvernements à très nettement augmenter leurs dépenses, leurs emprunts (qui se répercuteront sur les impôts), les prêts, la régulation et les mandats, parfois de sorte à « aider » les administrations sous-nationales (la facture de la relance coûte environ 200 milliards de dollars aux Etats-Unis). La grande question qui se pose aujourd’hui est de savoir si la compétence des gouvernements de la planète va s’étendre de manière permanente – non seulement à l’économie privée, mais aussi aux administrations sous-nationales.

Le rôle des entités sous-nationales par rapport à l’administration centrale varie considérablement. Avant la crise, les recettes du gouvernement américain étaient d’environ 60 % pour le fédéral et de 40 % pour l’état et les localités. Parmi les grandes économies, la France était le pays le plus centralisé, avec 80 % pour l’administration nationale et 20 % pour les administrations sous-nationales. Le Royaume-Uni, lui, était légèrement en dessous avec une répartition de 75 %-25 %. La Chine était le pays le moins centralisé, avec une répartition à hauteur de 30 %-70 %. L’Argentine était le pays le plus équilibré, avec une répartition approchant le 50-50.

Le débat sur la centralisation gouvernementale remonte loin dans l’histoire et la constitution des pays. Le dixième amendement de la constitution des Etats-Unis, qui rassembla les treize colonies originelles, réserve aux états tous les pouvoirs qui ne sont pas délégués expressément au gouvernement fédéral. Même aujourd’hui, les tensions concernant la centralisation (par exemple en Europe, à une autorité supranationale) et l’octroi de compétence (en Ecosse, au Québec ou au Kurdistan) sont fortes.

Plusieurs raisons parlent en faveur d’une bonne dose de décentralisation. Le juge américain de la Cour Suprême Louis Brandeis préconisait le « statut de laboratoire aux états ». La réforme sociale américaine est un exemple récent. Les dérogations pour le temps de travail et les conditions de formation à l’intention de bénéficiaires eurent tant de succès que la réforme sociale fédérale suivit immédiatement.

La concurrence entre les localités (par exemple entre deux états pour ce qui est du marché de l’emploi et des entreprises ou entre deux districts scolaires pour les étudiants) peut mener à une allocation des ressources publiques plus efficace et efficiente. Si les habitants sont mobiles, ils se déplaceront vers l’état offrant la combinaison d’impôts et de services (comme des écoles de qualité) qui leur convient. A l’instar de la concurrence sur les marchés privés, la concurrence entre les services gouvernementaux conduit à de meilleurs résultats.

Les autorités locales sont plus proches des citoyens que les fonctionnaires basés dans la capitale. Et les différences de compétence sont substantielles. L’importance des hôpitaux et des écoles varie d’une région à une autre. Difficile de refléter les disparités géographiques du coût de la vie dans un programme national à taille unique.

Il est préférable que certaines fonctionnalités soient financées par l’administration centrale. La défense nationale fournit un exemple évident, tout comme les fonctions pour lesquelles les économies d’échelle sont importantes. Là où les localités essayent de transférer à d’autres localités l’aide aux citoyens dans le besoin, le gouvernement doit entrer en jeu pour financer les programmes directement ou fixer les critères de base.

Il y a trente ans, les circonscriptions scolaires des Etats-Unis étaient encore responsables de l’éducation. Puis, divers jugements ont reconnu que ce procédé permettait à des circonscriptions plus riches de dépenser plus que d’autres et ont enjoint aux états d’égaliser les dépenses. De la Californie au Texas, les états collectent désormais régulièrement des impôts fonciers pour financer les écoles avant de redistribuer les fonds aux circonscriptions locales. Nombreux sont ceux qui pensent que la réduction du contrôle local sur les écoles (résultant de l’élimination du financement local) a énormément contribué à la faible performance de certaines écoles aux Etats-Unis.

La Californie illustre bien le chaos provoqué par une démence fiscale de longue date combinée à la récente crise économique mondiale et nationale. Durant plusieurs décennies, les Californiens ont connu une montée en flèche de leur niveau de vie, un système éducatif primaire, secondaire et supérieur de grande qualité et une ascension sociale sans précédent. Or, le taux de chômage de cet état, porté à 12,3 % en novembre 2009, correspondait au troisième plus élevé de la nation. Les chercheurs d’emploi sont en quête de meilleures opportunités ailleurs. La cote des obligations de l’état frôle rigor mortis.

Les dépenses excessives de l’état, une lourde régulation, des impôts dangereusement élevés ont contribué à générer les malheurs économiques de l’état. Les taux d’imposition sur les revenus personnels (également prélevé sur les gains de capitaux), les ventes, les entreprises et le gaz sont tous ou presque les plus élevés des Etats-Unis.

1 % des bénéficiaires des meilleurs salaires financent pratiquement la moitié de l’ensemble des impôts sur le revenu. Ainsi, les coffres de l’état (et donc les dépenses) débordent en période faste et se vident pendant les crises, obligeant à des réductions d’urgence. Paradoxalement, l’impôt progressif et la politique de dépenses en Californie génèrent une telle volatilité qu’ils rendent l’état incapable de tout financer, même les services de base depuis l’éducation à la santé pour ses citoyens les plus vulnérables.

Désormais confrontée à un autre déficit de 20 milliards de dollars en dépit de l’augmentation temporaire des impôts et des restrictions budgétaires, les malheurs fiscaux de la Californie augurent ceux auxquels nombre d’administrations sous-nationales – voire nationales – devront faire face. Tandis que tous doivent gérer l’urgence de la situation actuelle, il est vital d’appliquer des réformes politiques, fiscales et locales pour restaurer l’équilibre entre un gouvernement centralisé et décentralisé.

source : http://www.project-syndicate.org/commentary/boskin7/French

Publié par : crise2007 | janvier 19, 2010

2010 Reprise… de la crise !!!

2010 Reprise… de la crise !!!

Par Simone Wapler

Simone Wapler

2010 sera marquée par un regain de crise. Cependant, loin de penser qu’il n’y a rien à faire – sauf de courber l’échine en attendant que s’abatte la hache des marchés ou celle du bourreau fiscal –, nous estimons à MoneyWeek qu’il faut s’y préparer et saisir à bon escient les opportunités qui se présenteront.

Avant de présenter nos arguments pour vous dire pourquoi 2010 verra le retour de la crise, je voudrais faire une remarque concernant le discours des optimistes, qui estiment que le pire est derrière nous. Ces optimistes ont tous quelque chose à vous vendre. Les politiques veulent vous vendre qu’ils ont réussi à vous protéger en prenant des mesures, certes coûteuses, mais efficaces.

Les conseillers financiers veulent vous vendre le dernier produit que leur banque a décidé de placer. Les banquiers veulent vous vendre des actions, des obligations, des comptes, du crédit si vous n’en avez pas besoin. Les gérants de fonds veulent vous vendre leur fonds.

Les présidents d’entreprises cotées veulent vous vendre croissances, bénéfices et dividendes pour que vous deveniez ou restiez actionnaires. Tous ces gens ont donc besoin de se montrer optimistes. Pas nous. Nous voulons simplement vous vendre la meilleure stratégie dans une année qui s’annonce difficile.

Une crise d’une essence très différente de celle d’une récession

La crise actuelle n’est pas une crisounette, une récession entre deux périodes de croissance, comme ce que nous avons connu depuis quatre-vingts ans. La crise actuelle est une crise profonde, aussi grave (voire plus grave) que celle de 1929, et différente.

Le recours à l’endettement public pour nationaliser les banques et engager les plans de relance n’a rien résolu, c’est ce que le monde découvrira avec effroi en 2010. « C’est une très grande crise mutidirectionnelle sans précédent historique, qui ouvre un processus de destruction créatrice d’une intensité exceptionnelle », analyse Henri Regnault, professeur d’économie à l’université de Pau.

« Le problème n’est pas de relancer, mais de refonder. » « La crise de régulation tient à l’épuisement du modèle fordiste pour cause de mondialisation, puis au caractère insoutenable du modèle de régulation à la Greenspan par endettement des ménages », poursuit Henri Regnault. Ford voulait que ses ouvriers deviennent ses premiers clients.   Gains de productivité, baisse des coûts, hausse des salaires, la mécanique vertueuse a bien fonctionné… Jusqu’au moment où la mondialisation a permis à d’autres ouvriers moins bien payés de fabriquer la même chose. Le niveau de vie a stagné. Le rêve américain, selon lequel demain est nécessairement meilleur qu’aujourd’hui, risquait d’être brisé.

Alan Greenspan, ex-patron de la Fed, a voulu maintenir l’illusion en poussant les ménages à l’endettement, afin que le rêve subsiste. Parallèlement, le monde s’était habitué à vivre comme fournisseur du consommateur amé ricain qui achetait à crédit. La baisse des taux d’intérêt et l’argent facile ont propagé des créances douteuses. Ce constat prouve bien que nous ne vivons même pas une crise similaire à celle de 1929, induite par une surcapacité et un système financier défaillant.

Le mur de la dette s’élève et nous fonçons dedans
Lorsque la crise du
subprime a éclaté, l’Etat américain a massivement transféré l’endettement privé – celui des ménages, des institutions mixtes garantes (Fannie Mae, Freddie Mac), des grandes banques – vers le privé. Les Etats-Unis n’ont pas puisé dans une cagnotte (d’ailleurs inexistante), ils ont eu recours à l’endettement par l’émission de dettes souveraines.

Puis, lorsque cela n’a pas suffi, la Fed a racheté ses anciens bons du Trésor, pour pouvoir en placer d’autres, toujours auprès des étrangers. Tous les Etats dits riches ont atteint des niveaux d’endettement et de déficit budgétaire dangereux, permis par un maniement risqué de la monnaie fiduciaire. Les Etats ont jugé bon de sauver les banques, en croyant qu’ils allaient sauver l’économie. Qui dit « sauver l’économie » dit « sauver la croissance » ; les dettes se paieront lorsque celle-ci sera retrouvée, pense-t-on.

Hélas, avoir transféré la dette du privé vers le public, pour ensuite vouloir que les ménages consomment toujours sans en avoir les moyens, ne résoudra rien. Le « noeud coulant des déficits publics que les gouvernements se sont volontairement passés autour du cou en 2009, en refusant de faire assumer au système financier le prix de ses fautes, va peser lourdement sur l’ensemble des dépenses publiques », analyse le dernier bulletin du GEAB. « Parallèlement, le contexte de cessation de paiement d’un nombre croissant d’Etats et de collectivités locales va entraîner un double phénomène paradoxal de remontée des taux d’intérêt et de fuite hors des devises en direction de l’or », poursuit-il.

Le piège des mirages statistiques
Au fait, comment avançons-nous que la reprise n’existe pas, à l’inverse de ce que soutiennent les discours officiels ? Tout simplement en raison des statistiques du chômage, qui ont déjà atteint un niveau qui n’est pas soutenable à long terme par les systèmes sociaux. Les temples de la consommation s’effondrent, les acheteurs attendent toujours le dernier moment, la dernière remise.

Le 15 décembre, le président de General Electric déclarait qu’il n’avait aucune visibilité et qu’il envisageait de ne plus communiquer de prévisions trimestrielles. Les stocks de cuivre sont revenus à leur niveau de fin 2008. Le fret maritime déprime. Au mieux, connaissons-nous une stabilisation à un point bas, modeste retombée des efforts massifs des plans de relance.

Beaucoup fondent leur croyance de reprise sur des évolutions statistiques de court terme. J’attire votre attention sur un point important : le recueil des données et le calcul des statistiques se sont construits dans les périodes fastes. Ils sont inadaptés à la situation actuelle et donnent des indications trompeuses.

Prenons l’exemple des statistiques américaines de l’emploi. Les données sont recueillies auprès des entreprises qui déclarent d’un mois sur l’autre les heures travaillées. Lorsque le Bureau of Labor Statistics ne reçoit pas d’information, il considère que les heures sont inchangées. Si l’entreprise a fait faillite, la correction ne sera rentrée que le mois suivant. Autre exemple, celui du chômage. Les travailleurs découragés, qui ont cessé de rechercher un emploi, sont éjectés des statistiques au bout de deux ans.

Enfin, les traditionnelles corrections saisonnières ne tiennent plus dans les périodes de grandes turbulences. Nous avons également attiré votre attention à maintes reprises dans ces colonnes sur la manipulation des indices des prix à la consommation. Cet indice sert de fondement au calcul de l’inflation et est systématiquement sous-évalué par les organismes publics, qui n’ont aucun intérêt à étaler une quelconque baisse de pouvoir d’achat.

Il sera très difficile de savoir qui de l’inflation ou de la déflation l’emportera en 2010, car de mauvaises décisions politiques ont été prises sur la foi de mauvaises méthodes statistiques. Dans l’ignorance, recherchez les investissements qui vous protégeront de l’inflation : immobilier, terres agricoles, forêts, matières premières… Pour prendre vos décisions, regardez toujours les évolutions à douze mois et n’accordez aucun crédit aux évolutions mensuelles.

L’euthanasie des retraités ?
L’étau de la pression fiscale se resserrera car de nombreux pays se retrouveront en faillite pour avoir fait endosser l’endettement privé par l’Etat, ou pour s’être livrés à de vaines opérations de relance financées à crédit. Aux dettes publiques, dont les montants sont à peu près bien connus (et effrayants), s’ajoutent les dettes sociales : engagement des Etats ou des entreprises vis-à-vis de leurs retraités. Ces montants sont considérables et peuvent quintupler les chiffres existants, selon Dylan Grice, stratégiste de la Société générale.

Pour se sortir d’affaire, trois voies sont possibles : l’inflation, le tour de vis fiscal, la réduction du traitement et des retraites des fonctionnaires. L’inflation est une porte de sortie lorsque la dette publique a été contractée dans la monnaie de l’Etat en faillite et qu’elle est majoritairement détenue par ses citoyens. Ce n’est pas toujours le cas. Aux Etats-Unis et en France, par exemple, la dette publique est principalement dans des mains étrangères.

Les pays baltes et certains pays de l’Europe de l’Est ont emprunté en euro et doivent rembourser en euro. Les débiteurs vont lutter contre l’inflation voulue par les créditeurs. Cependant, beaucoup de gens dans le monde ont intérêt à ce qu’il y ait de l’inflation, puisqu’il y a plus de débiteurs que de créditeurs. Il se peut donc que celle-ci refasse surface dès 2010, même si ce n’est pas de l’inflation soutenue par un excès de demande. Ne faites aucun investissement dont la rentabilité dépend de la fiscalité, car les Etats devront augmenter leurs impôts. Si vous préparez votre succession et faites des donations ou démembrez des biens pour limiter les droits de succession, conservez une marge de manoeuvre. Car si l’inflation repart, les revenus sont laminés.

Ces niches de croissance qui seront pour nous
Nous estimons donc que 2010 devra être à placer sous le régime de la préservation de capital plutôt que de la recherche de plus-values. Cependant, des opportunités de gains subsistent. Toutefois, plus rien ne sera comme avant ; beaucoup de gagnants d’hier seront des vaincus de demain. Et les vainqueurs de demain se repèrent avec d’autres critères que ceux qui prévalaient avant la crise.

Les barrières à l’entrée, critère tant prisé des investisseurs, vont s’avérer néfastes pour certaines entreprises. Empêtrées dans des investissements dédiés à des besoins passés, elles ne pourront les sacrifier pour engager les investissements nécessaires à la production de demain. Par exemple, nous croyons à l’avenir des petits véhicules électriques et hybrides. Mais leurs constructeurs ne seront pas nécessairement les constructeurs d’hier.

La croissance de la consommation tous azimuts a vécu. Les entreprises qui proposent des biens ou services permettant de réaliser des économies ont de beaux jours devant elles. Privilégiez les biens et services aux entreprises plutôt que les sociétés qui dépendent de la clientèle des particuliers.

Repérez les casseurs de règles, les flibustiers
Certaines entreprises sont capables d’imposer leur prix. Ce sont celles qui ont un savoir-faire précieux, qui imposent un nouveau modèle astucieux. Ainsi, il nous paraît plus avisé de chercher à profiter de la croissance asiatique, en misant sur un acteur de niche qui apparaît comme un fournisseur indispensable, que sur Danone. Une crise comme celle que nous vivons est une crise de destruction créatrice, selon le modèle de Schumpeter, qui laissera un boulevard aux casseurs de règles.

Dans les domaines de la biotechnologie, de la nanotechnologie se trouvent probablement les Microsoft et Google de demain. Nous espérons que vous resterez avec nous tout au long de 2010 et que nous pourrons vous faire partager nos trouvailles fidèles à cette stratégie. Dès notre prochain numéro, cinq gérants vous donneront leurs meilleures recommandations pour une fructueuse année 2010.

source : http://www.moneyweek.fr/conseils/02596/crise-retour-avertissement.html

17 millions de foyers américains en état d’« insécurité alimentaire » !!!

 

 

Une nouvelle étude publiée par le Département de l’Agriculture américain révèle que 17 millions de foyers, soit 14,6%, n’ont pas disposé en 2008 de revenus suffisants pour se nourrir convenablement.

Contre Info, 18 novembre 2009

Ces 17 millions de ménages, qui n’ont pas été en mesure de garnir leurs tables rassemblent près de 50 millions d’américains.

C’est le chiffre le plus haut qui ait été observé depuis 1995, première année de publication de cette statistique.

Le Département indique que près d’un tiers des foyers en état d’ « insécurité alimentaire » était dans une situation critique, se traduisant par une réduction de la consommation de nourriture ou un bouleversement des habitudes alimentaires. 6,7 millions de foyers sont recensés dans cette catégorie.

Les autres ménages n’ont pu échapper à la faim ou à la dégradation de leur régime alimentaire que grâce aux distributions de nourriture ou de bons d’alimentation.

Bien qu’ils soient les membres les plus protégés des familles, dans 500 000 foyers les enfants ont eu à souffrir de restrictions alimentaires.

La pauvreté est la cause fondamentale de l’insécurité alimentaire et de la faim, indique cette publication.

Statistiques par Etats

(JPG)

Sur le web :

Département de l’Agriculture

source : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2898

La Société Générale a publié un scénario d’« effondrement global » de l’économie !!!


La Société Générale a adressé à ses clients une étude prospective développant trois scénarios d’évolution de la crise. L’un d’entre eux évalue les conséquences d’une crise de surendettement des Etats dans une économie anémiée, déclenchant un « effondrement global ». — A l’automne 2008, tous les observateurs ont à un moment où à un autre été saisis par l’effroi. Le système financier international était sur le point de s’effondrer, et la perspective d’une situation semblable à celle de l’Argentine en 2001 se rapprochait chaque jour un peu plus. L’ampleur des interventions et garanties qui ont été nécessaires défie l’imagination : 14 000 milliards au total pour les USA, la Grande Bretagne et la zone euro, soit l’équivalent du quart du PIB mondial. La dette privée, devenue insoutenable, est désormais consolidée par les comptes publics. La monnaie de crédit privée émise par les banques était sur le point de perdre sa valeur. Les monnaies d’Etat ont été émises et mobilisées pour étayer un mauvais papier et sauver la mise des banques (et des banquiers, qui se sont au passage servis sans vergogne). Il faudra des années pour liquider les dettes privées et rebalancer les échanges internationaux. D’ici là, l’hémorragie des comptes publics va se poursuivre. La solution à terme, sera pour partie inflationniste, tout le monde le sent, même si personne ne veut l’admettre, tant le risque de déclencher une crise monétaire généralisée en cas de désynchronisation est tétanisant. Un dernier point. Dans la période qui s’ouvre, l’Europe part avec un handicap. Jusqu’à présent, la BCE n’a pas monétisé de dette publique, alors que la Fed et la Banque d’Angleterre y ont eu largement recours. L’orthodoxie en la matière se traduira donc par une charge supplémentaire de la dette, alors que les circonstances exceptionnelles devraient conduire à mettre en œuvres tous les moyens disponibles, y compris la monétisation, qui est autorisée sur le marché secondaire par les traités. Contre Info

Par Ambrose Evans-Pritchard, Telegraph, 18 novembre 2009

La Société Générale à conseillé à ses clients de se préparer à un éventuel « effondrement économique global » au cours des deux prochaines années, et elle propose une stratégie d’investissements défensifs pour éviter la destruction de leur patrimoine.

Dans un rapport intitulé « le pire scénario de la dette », l’équipe SG de gestion des actifs écrit que les opérations de renflouement effectuées par les Etats l’an dernier ont simplement transféré les dettes privées vers le public qui plie sous la charge, créant une nouvelle série de problèmes.

L’endettement global est beaucoup trop élevé par rapport à leur PIB (350% aux USA) dans la plupart des économies des pays développés, qu’il s’agisse de l’endettement public ou privé. Il faudra accomplir la tâche éreintante de réduire ce ratio d’endettement, et ce durant des années. « Pour le moment, personne ne peut dire avec certitude si nous avons déjà vraiment échappé à l’effondrement de l’économie » lit-on dans ce rapport de 68 pages, dont la rédaction a été dirigée par le responsable de la gestion des actifs Daniel Fermon. Il s’agit d’une analyse de ces dangers, et non de prévisions.

Dans le scénario baissier de la banque française (le pire parmi les trois envisagés) le dollar continuerait de baisser et le marché mondial des actions rejoindrait les minima de mars. L’immobilier continuerait à chuter. Le baril de pétrole redescendrait à 50 dollars en 2010.

Les gouvernements ont déjà utilisé l’arme budgétaire. Même en l’absence de nouvelles dépenses, la dette publique devrait exploser d’ici 2 ans à 105% du PIB au Royaume-Uni, 125% aux USA et en EU, et 270% au Japon. Au niveau mondial, la dette des états atteindrait 45 mille milliards de dollars, et sera multipliée par 2,5 en 10 ans.

(Les chiffres du Royaume-Uni paraissent faibles car le niveau d’endettement préalable était bas. M. Ferman indique que le Royaume-Uni convergera avec l’Europe à 130% du PIB d’ici 2015 dans le scénario baissier).

La charge induite par la dette sera plus importante qu’elle ne l’était après la seconde Guerre Mondiale, lorsque les niveaux d’endettement étaient similaires. Avec des populations vieillissantes, il sera plus difficile de faire baisser la dette grâce à la croissance. « Une dette publique élevée paraît insoutenable à terme. Nous avons presque atteint un point de non retour pour la dette du gouvernement », note le rapport.

Alléger la dette par l’inflation pourrait paraître un moindre mal à certains gouvernements.

Dans ce cas l’or « n’en finirait pas de monter », seul refuge par rapport à la monnaie papier. La dette privée est également écrasante. Même si le taux d’épargne US se stabilise autour de 7% et est entièrement utilisé au remboursement de la dette, il faudra encore 9 ans aux ménages pour ramener le ratio dette/revenu aux niveaux raisonnables existant dans les années 1980.

La banque indique que la crise actuelle présente « bien des points communs » avec le Japon pendant sa (ou ses deux) Décennie Perdue, mais avec une grosse différence : le Japon gardait la tête hors de l’eau grâce aux exportations et s’appuyait sur une économie mondiale robuste, tout en laissant chuter le yen. Il n’est pas possible que la moitié de la planète recoure au même moment à une stratégie analogue.

SocGen conseille aux investisseurs pessimistes (bears) de vendre des dollars et de prendre des options à la baisse sur les valeurs cycliques comme les technologiques, l’automobile, et de se mettre en mouvement pour éviter d’être pris dans la « spirale déflationniste structurelle ». Les marchés émergents ne seraient pas épargnés. Paradoxalement, ils sont plus dépendants de la croissance US que ne l’est Wall Street. Les valeurs agro-alimentaires se maintiendraient, à commencer par le sucre.

M. Fermon estime que les junk bonds perdraient 31% de leur valeur durant la seule année 2010. Cependant, les obligations souveraines généreraient des retours sur investissement « turbos », à l’image de ce qui s’est déroulé durant la séquence de baisse durable des rendements au Japon, lorsque la crise s’est installée. A un moment le taux à 10 ans au Japon est descendu à 0,40% [1]. La Fed ferait baisser les taux en achetant plus d’obligations. La BCE le ferait moins, pour des raisons politiques.

La position de la SocGen sur l’achat des obligations souveraines est discutable. Nombre de fonds doutent que le scénario japonais se reproduise, notamment parce que Tokyo pourrait être aussi à l’aube d’une nouvelle crise de la dette.

M. Fermon a déclaré que son rapport avait « électrisé » les clients des deux côtés de l’Atlantique : « tout le monde veut savoir quel sera l’impact. De nombreux hedge funds et banquiers sont inquiets »

source : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2901

Publié par : crise2007 | juillet 17, 2009

Les États américains face à la crise budgétaire !

Les États américains face à la crise budgétaire !


Alors que le déficit fédéral dépasse les 1 000 milliards de dollars, 48 des 50 États américains cumulent un trou de 166 milliards. La Californie est au bord de la cessation de paiements.

Pourquoi ne pas légaliser la marijuana et la taxer pour combler en partie de déficit budgétaire ? C’est l’une des dernières idées en date lancées dans la course folle de la Californie pour trouver des solutions à son «trou» de 26,3 milliards de dollars. Une taxe sur l’herbe pourrait rapporter un milliard de dollars, selon un élu démocrate qui a déposé une proposition de loi dans ce sens, remise au goût du jour par une campagne de pub récente pour la légalisation.

Premier État américain par son poids économiquela Californie est en quasi-cessation de paiements depuis le 1er juillet. Le gouvernement local est contraint depuis lors d’émettre des titres de reconnaissances de dettes pour payer ses fournisseurs et verser les prestations à ses citoyens en attendant que le gouverneur républicain Arnold Schwarzenegger et le Parlement démocrate trouvent un accord sur le budget. Depuis cette semaine, les banques n’acceptent plus ces titres. Le déficit budgétaire prévisionnel californien pour l’année en cours atteint un niveau record de 58 % des revenus de l’État. Alors que la crise aggrave chaque jour le déficit, le gouverneur a annoncé en début de semaine aux syndicats qu’il devrait encore supprimer 2 000 emplois publics pour réduire les dépenses de l’État.

Contrairement au gouvernement fédéral, la Constitution américaine interdit aux États d’afficher un déficit, à l’exception du Vermont. Chaque année, c’est donc un exercice périlleux pour trouver l’équilibre entre recettes et dépenses. Mais plus encore en période de récession, quand les revenus des ménages diminuent, affectant les prélèvements obligatoires, quand la consommation ralentit, touchant la TVA, quand les entreprises font moins de bénéfices. Du coup, 48 États sur 50 ont dû faire face à un déficit pour l’année en cours. En moyenne, le déficit atteint 24 % des revenus des États, ce qui représente un besoin de financement cumulé de 166 milliards de dollars.

En Californie, les services de police réduisent leurs plages horaires pour combler le déficit.
En Californie, les services de police réduisent     leurs plages horaires pour combler le déficit

Pour sortir du rouge, les États rechignent à augmenter les impôts en période de récession, ou à trop tailler dans les dépenses sociales. Alors qu’ils étaient censés trouver une solution à leur casse-tête budgétaire avant le 1er juillet, au moins sept États – Californie, Arizona, Illinois, Ohio, Pennsylvanie, Connecticut, Caroline du Nord – négociaient encore cette semaine des ajustements à leurs budgets, en raison de tensions politiques.

Entre gouverneurs et assemblées législatives, c’est la hausse de la fiscalité qui entretient le blocage. À ce jour, 30 États ont choisi d’augmenter les impôts et au moins sept autres s’apprêtent à le faire. Réduite au niveau fédéral depuis les années Reagan, la charge fiscale a été largement transférée vers les États et autres collectivités territoriales, comtés ou municipalités. Lorsqu’un accord est trouvé, l’équilibre est toutefois vite dépassé. Dans douze États, les budgets adoptés pour la nouvelle année fiscale sont déjà dans le rouge, alors même qu’ils n’ont pas le droit d’emprunter pour financer leurs dépenses de fonctionnement.

Aide du plan de relance

«C’est une situation sans précédent depuis la dépression des années 1930» , commente Surjit CanagaRetna, analyste au Conseil des gouvernements d’États. Même si l’économie repart, la crise budgétaire demeurera. Entre janvier 2009 et fin 2011, le manque à gagner en recettes fiscales est estimé à 350 milliards de dollars. Dans un tel contexte, l’éventail des solutions n’est pas illimité : tirer dans les réserves, ce qui a été largement fait depuis un an ; réduire les dépenses courantes ; augmenter les impôts ou créer de nouvelles recettes, en développant les jeux de hasard, casinos ou loteries, par exemple. Au moins 39 États ont déjà adopté des réductions de coûts, touchant en particulier l’éducation, la santé et les services sociaux.«Le plus grave, c’est que ces diminutions de prestations publiques touchent les citoyens les plus vulnérables au moment où ils en auraient le plus besoin, car ils sont fragilisés par la récession. Ce qui risque, dans un cercle vicieux, d’aggraver encore la situation économique du pays», s’inquiète Jon Shure, membre du Center on Budget and Policy Priorities.

L’Administration Obama est venue à la rescousse des États en difficulté par le biais du plan de relance de 787 milliards de dollars. Une partie de cette somme est réservée aux collectivités territoriales. En théorie, elle doit créer des emplois par de vastes programmes d’investissement. Mais en réalité, l’argent fédéral sert à boucher les trous : il a permis de combler 40 % des déficits budgétaires des États.

source : http://www.lefigaro.fr/economie/2009/07/16/04001-20090716ARTFIG00011-les-etats-americains-face-a-la-crise-budgetaire-.php

Publié par : crise2007 | juillet 17, 2009

La Californie en cessation de paiements

La Californie en cessation de paiements


Faute de budget, l’État en déficit va devoir payer ses factures au moyen de reconnaissances de dettes.

Des écoles en faillite, des professeurs licenciés, des classes de vacances annulées, des cours de sport supprimés… Telles sont quelques conséquences de la grave crise budgétaire que traverse l’État de Californie, auxquelles s’ajoutent des réductions de prestations sociales aux handicapés, la baisse du budget des prisons ou la suppression de l’assurance médicale d’un million d’enfants. Étranglé par un déficit de 26,3 milliards de dollars (18,7 milliards d’euros), l’État n’a pas réussi à boucler son budget avant la date limite du 30 juin.

Conséquence : en quasi-cessation de paiements, incapable de rembourser ses emprunts, le gouvernement devra payer ses factures au moyen de reconnaissances de dettes («IOUs») qui devraient être émises pour un total de 3 milliards de dollars – une mesure inédite depuis dix-sept ans. Des citoyens de l’État devraient recevoir ces titres, notamment ceux en attente de remboursements de trop-perçus d’impôts, et pouvoir les échanger contre du cash dans certaines banques.

Le Parlement local n’est pas parvenu à un vote sur le budget de l’État pour la nouvelle année fiscale. Or la Constitution américaine est très stricte. Contrairement au gouvernement fédéral, les États (en dehors du Vermont) n’ont pas le droit d’afficher de déficit. Chaque année, en particulier depuis le début de la crise, ils doivent donc s’évertuer à trouver un équilibre entre recettes fiscales et dépenses publiques. Le gouverneur républicain Arnold Schwarzenegger, qui s’y efforce depuis des mois, y a échoué. «Les parlementaires n’ont pas réussi à résoudre notre problème de budget, mais soyez assuré que l’effacement de tout le déficit reste ma première et unique priorité et que je n’aurai de repos tant que cette tâche ne sera pas accomplie», a-t-il affirmé dans un communiqué. Il a déclaré l’État en situation d’«urgence fiscale».

Sept autres États concernés

Cette impasse est perçue comme l’échec personnel de «Terminator» à faire face à la crise économique et à trouver un compromis politique entre démocrates et républicains, entre réductions budgétaires et augmentations des impôts. Les démocrates, majoritaires à l’Assemblée, sont d’accord pour diminuer les dépenses, mais souhaitent en même temps des hausses des taxes, que refusent les républicains. Si une solution n’est pas trouvée dans les 45 jours, l’Assemblée ne pourra voter aucun texte avant que la situation budgétaire soit résolue. Un référendum sur la question n’avait suscité la participation que de 20 % des électeurs.

Le gouverneur a annoncé la fermeture de toutes les agences publiques les trois premiers vendredis de chaque mois par mesure d’économie. En février, le gouvernement avait adopté 12 milliards de dollars de réductions budgétaires, affectant principalement l’éducation. Cinq milliards de plus sont sur la sellette. La huitième économie mondiale est affectée par la chute de 20 % de ses recettes depuis le début de la crise. Cette conjoncture très troublée risque d’affecter le climat des affaires dans l’État, notamment ses poumons que sont le high-tech dans la Silicon Valley, l’industrie du cinéma et des loisirs autour de Los Angeles. Elle pèsera aussi sur la reprise économique des États-Unis tout entiers, dont la Californie assure plus de 10 % du PIB.

Seule maigre consolation pour Arnold Schwarzenegger : la Californie n’est pas la seule dans cette situation. Les élus de sept autres États – Arizona, Connecticut, Kentucky, Mississippi, Caroline du Nord, Ohio et Pennsylvanie – sont toujours en train de délibérer pour trouver un accord sur leur budget.

source : http://www.lefigaro.fr/economie/2009/07/03/04001-20090703ARTFIG00248-la-californie-en-cessation-de-paiements-.php

Publié par : crise2007 | juillet 4, 2009

قوانين العولمة

قوانين العولمة

 

تقرير مصور تعترف فيه خبيرة الإقتصاد العالمية لوريتا نابليونى بأن إقتصاد الغرب ينهار والحل البديل والوحيد هو النظام المالى الإسلامى

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