Publié par : crise2007 | novembre 14, 2007

Aperçu de l’économie islamique

Aperçu de l’économie islamique

 

 

Le Prophète (Que le Salut et les Salutations d’Allah soit sur lui) a interdit de planifier les prix en disant : « Le niveau des prix relève de la volonté de Dieu ». Cela signifie-t-il que dans la société islamique c’est la loi de l’offre et de la demande qui détermine le prix des biens et des services?

Il est nécessaire d’émettre ici l’avis de la loi islamique sur la question de l’offre et de la demande. Il faudrait avant tout définir ces deux termes, ce qui nécessite un retour à leur origine.

L’emploi de l’expression l’offre et la demande remonte aux premiers théoriciens de l’idéologie capitaliste. Ceux-ci tout comme leurs successeurs estiment, en effet, que le cours du marché est déterminé par l’interaction du pouvoir de l’offre et de la demande.

Cette rencontre entre l’offre et la demande dépend du type de marché (régime de libre concurrence, libre monopole du marché, etc…). Chaque type de marché a des caractéristiques propres qui constituent un rapport entre le producteur et le consommateur et qui ont, de ce fait, une influence sur la valeur marchande. Ainsi, si une marchandise est monopolisée par un seul producteur ou si elle n’a pas d’équivalent sur le marché, son prix sera fonction de ces facteurs et l’offre et la demande seront soumises à une loi particulière. De même, si le produit a un équivalent sur le marché tout en étant monopolisé par certains producteurs, son prix sera fonction de cette situation particulière. Bref, le marché est le cadre général qui détermine le prix des différents types de biens et de services et ce par l’interaction de la demande (désir des acheteurs stimulé par le pouvoir d’achat) avec l’offre (désir des vendeurs de céder leur marchandise à partir d’un certain prix). Le marché se définit donc comme l’ensemble de rapports entre vendeurs et acheteurs désirant mutuellement changer certains biens ou services dans la limite de leur satisfaction. Il peut avoir une étendue restreinte et se limiter à un quartier ou, au contraire, s’élargir pour englober une ville entière, tout un pays ou le monde entier (marché international du pétrole, marché international du blé, etc.).

Le marché est un lieu théorique, non délirnité par un espace matériel. Ces lois du marché sont étroitement liées à l’appareil capitaliste dans son ensemble de part la façon dont les capitalistes conçoivent le problème économique, le prix et son mécanisme ainsi que la valeur ; le libéralisme économique inhérent à cette idéologie fait que ces lois marquent de leur empreinte toute l’économie. Ainsi, en cas de déséquilibre économique, les théoriciens du capitalisme prévoient des lois régulatrices de l’offre et de la demande ; pour eux la réalisation de l’équilibre économique et la conception du prix et de la valeur vont de pair. C’est le prix qui met en relation producteur et consommateur. Il varie suivant le changement de l’état de l’offre, de la demande ou des deux à la fois. Le changement de l’état de l’offre et de la demande peut s’effectuer soit dans le sens de la hausse soit dans celui de la baisse – il est également possible que la tendance de l’offre soit à la hausse et que celle de la demande soit à la baisse ou l’inverse. Ces lois secondaires ont été étudiées par les théoriciens du capitalisme dans le cadre de l’équilibre économique et de la fluctuation des prix. Elles sont liées aux fondements mêmes du système économique capitaliste et aux libertés fondamentales dont la liberté de propriété.

L’Islam, lui, conçoit la question de façon diamétralement opposée. Le prix ou la valeur y sont déterminés par le système lui-même et nullement par l’offre et la demande. Mais qu’est-ce qui provoque la cherté de la vie aujourd’hui? Il est indispensable de répondre à cette question pour pouvoir étudier le problème du prix et de la valeur et comprendre que le pourrissement vient de la base même, c’est-à-dire du système dans sa totalité et non pas des solutions partielles. Il faut bien admettre que la réalité que nous vivons aujourd’hui est totalement corrompue avec ses défauts apparents et cachés – c’est l’évidence même. Le problème vient manifestement du fait que la vie sociale est régie par un ensemble d’idées appliquées sous forme de lois (ou système) qui proviennent d’une base fausse.

Ces lois qui déterminent la vie économique sont erronées car elles sont issues d’un système impie et n’émanent nullement de l’islam. En effet, la monnaie qui sert aux échanges de nos jours n’est plus liée à l’or et elle est obligatoire. De ce fait, elle embrouille les prix et engendre la corruption financière. Or, cette monnaie est le nerf moteur de l’économie capitaliste. Comme elle exerce une influence déterminante sur la législation empruntée au capitalisme par les pays musulmans et même par ceux du monde entier, elle sape leur développement écononomique. En effet, le système monétaire de ces pays a pour base les biens, et les services. Or, il s’agit d’une base qui, pour être à même de parer au déséquilibre économique, doit satisfaire à trois conditions essentielles, conformément à la théorie capitaliste : Cette base doit être solide. Les biens et les ressources doivent être demandés aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur (c’est, par exemple, le cas du pétrole). Les marchés doivent être contrôlés et l’Etat doit avoir un budget qui prenne en considération la base de la monnaie, ou qui tienne compte des biens et des services disponibles et de ceux qui sont demandés, de même qu’il doit y avoir un certain équilibre entre les importations et les exportations. Si ces conditions sont remplies, l’Etat peut permettre la spéculation sur la monnaie du pays au marché de la Bourse. Mais les facteurs qui déterminent le pouvoir d’achat de la monnaie sont toujours la base économique et les potentialités de la monnaie en matière d’achat , une monnaie n’est prisée que si elle est digne de confiance.

Pour ce qui est des pays musulmans, force est de constater qu’ils sont dépourvus d’une base économique qui leur permette d’avoir un marché de la Bourse. De plus, l’implication de ces pays dans le marché mondial -à travers les allégeances et les trahisons politiques des dirigeants- fait qu’ils sont amenés à entreprendre des transactions trompeuses ; cela engendre l’effondrement de leur économie, les oblige à s’endetter et les pousse à recourir aux devises étrangères qu’ils thésaurisent dans leurs banques, les liant ainsi au mécanisme de ces devises lorsque celles-ci, s’exposent aux crises monétaires internationales. Il en va de même des astuces employées s’agissant du marché intérieur et qui consistent à faire circuler des titres, mis par le trésor pour absorber les devises en circulation ou recueillir la monnaie locale en vue de l’utiliser comme liquidité ; ces astuces visent à résoudre le problème de l’inflation qui est devenue chronique. Or, l’inflation -inhérente au capitalisme- est un mal incurable car toutes les forces économiques y participent en réalité. Cette situation a donc entraîné le chômage vu que les entreprises réduisent leurs effectifs à cause des revendications salariales, entre autres. A cela s’ajoute le problème de l’argent produit par les établissements bancaires au moyen d’opérations usuraires fondées sur le passif des taux d’intérêt sur des prêts remboursables à court ou moyen terme, ces obligations se transformant en chambre de compensation. L’argent usuraire n’a en fait aucune consistance réelle à l’échelle des Etats, d’où l’impasse dans laquelle se trouvent les pays musulmans à cause de leur faiblesse économique ou, plus précisément, du pillage des richesses dont Dieu les a gratifiés. Le fait est que les capitalistes limitent le problème économique à la raréfaction relative des biens et des services. Pour eux, les besoins de l’homme sont illimités alors que les ressources dont il dispose sont limitées ; il s’agit donc d’accroître ces ressources limitées pour pouvoir satisfaire les besoins illirnités. La doctrine capitaliste a ainsi condamné l’homme car la solution qu’elle préconise consiste à augmenter la production, c’est-à-dire à mettre les richesses à la portée des individus de sorte que chacun puisse en acquérir comme il l’entend. Or, les individus souffrant d’une infirrnité physique ou mentale ne peuvent acquérir des richesses. En réalité, les besoins fondamentaux de l’homme sont limités ; ils se rapportent à la nourriture, à l’habillement et au logement qu’on doit totalement satisfaire. En effet, il s’agit des besoins de Pierre et des besoins de Paul, non de ceux de la communauté dans son ensemble. Il faudrait alors satisfaire ces besoins individuellement. Le problème économique n’est donc pas un problème d’insuffisance des ressources mais bel et bien un problème d’une mauvaise répartition des richesses dont Dieu a gratifié les hommes.

Quant au coût élevé de la vie, il est incontestablement engendré par l’économie capitaliste corrompue et malade. Ainsi par exemple, la loi régissant le marché dans les pays musulmans -empruntée à l’idéologie capitaliste- comporte un ensemble d’éléments qui participent de la cherté de la vie -. la monnaie, le taux de change, la fixation du prix des denrées et marchandises, le fait de prendre en compte l’origine de la marchandise et non la nationalité du commerçant, les barrières douanières ainsi que le stockage des marchandises en vue d’influencer le marché sont autant de facteurs qui provoquent la hausse des prix. Or, il s’agit de pratiques contraires à la loi islamique. De même, la constitution de certains Etats prévoit un impôt progressif car ces Etats jugent que la propriété doit être limitée, au moyen d’impôts sur les bénéfices, par exemple. Or, il y a une contradiction flagrante car c’est à la racine du mal qu’il faut normalement s’attaquer, c’est-à-dire à la constitution et aux lois corrompues. Le problème de la propriété, lui, ne peur être valablement résolu en faisant fi de l’instinct de l’homme comme dans la philosophie du capitalisme, ni en excluant les ambitions de l’homme comme le font ces lois capitalistes en vigueur dans les pays musulmans. Le problème de l’offre et de la demande est donc lié à la nature même du système capitaliste et des lois qui ont sont issues et n’a strictement aucun rapport avec la situation normale. Pour que le marché connaisse la stabilité, il faudrait concevoir le problème économique d’un point de vue juste fondé sur une base juste comme nous le verrons plus loin dans le cadre du système islamique.

Le système islamique interdit en effet le stockage des marchandises qui vise à influencer le marché – le hadith stipule que celui qui pratique le stockage est un pêcheur et interdit la fixation des prix en la qualifiant d’acte contraire à la justice. L’islam prohibe également les barrières douanières en décrétant que le paradis est interdit à tout percepteur de dîme. Il considère que le change doit être soumis à des impératifs précis. Ainsi par exemple, certaines catégories de biens ne peuvent être échangées que contre des articles de même nature mais de qualité différente (blé pour blé, orge pour orge, dattes pour dattes, huile pour huile et sel pour sel). Il en va de même pour le change de l’or et de l’argent (or pour or et argent pour argent) qui doit se faire en main propre (ce qui n’est pas exigé pour les autres catégories de biens) et en fonction du cours du marché à l’heure de l’opération, s’il se fait avec délai il y a automatiquement usure et l’opération est alors illicite, le change étant soumis à des conditions particulières.

Quant à la monnaie de l’Etat islamique, elle est basée sur l’or et l’argent (sa valeur exacte en or et argent étant garantie par les caisses de l’Etat) car les prescriptions légales relatives aux finances et à certaines questions d’ordre pénal et autre ont été soumises par la Loi islamique à l’évaluation au moyen de l’or et de l’argent. D’ailleurs, les Etats du monde entier adoptaient naguère cette base de l’or qui n’engendre point de problème économique. Ce n’est que lorsqu’ils ont adopté le système monétaire non lié à l’or, que les différents pays ont connu le chaos économique avec les multiples crises du système capitaliste dont les plus célèbres ont été celle du Jeudi noir survenue en 1929 et celle du Lundi noir qui a eu lieu à la fin des années 80. Il va sans dire que l’économie mondiale est aujourd’hui stagnante.

Les Etats capitalistes impies tentent de la colmater malgré les pertes sévères subies par les marchés de la Bourse à cause de la crise du dollar ; l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), les rencontres, les marchés et les échanges entre les Etats-Unis d’Amérique, la Chine et le Japon, ou entre les Etats européens et les pays arabes ne sont que des tentatives pour relancer les investissements américains et européens, voire israéliens. La référence à l’or et à l’argent permet en fait d’éviter tous ces problèmes car ces deux métaux précieux ont, entre autres, l’avantage de pouvoir automatiquement limiter les variations du cours de change. Pour ce faire, ce procédé de l’or et de l’argent prend appui sur les techniques suivantes :

1. Tout billet de banque comporte une inscription spécifiant sa valeur exacte en or ou argent garantie par les caisses de l’Etat, par exemple 4,25 grammes d’or -valeur légale du dinar- pour chaque billet de banque.

2. Les pièces de monnaie doivent être frappées en or suivant leur valeur et l’Etat est tenu, le cas échéant, de faire le change de chaque billet de banque contre sa valeur en or.

3. Il existe une liberté de change qui assure la non prolifération des billets de banque dont la quantité doit juste se limiter aux besoins de l’activité économique ; la monnaie reste ainsi crédible et elle n’embrouille point l’économie.

4. Tout individu a le droit de faire fondre l’or pour en faire des pièces de monnaie. Il a aussi le droit de changer de l’or contre des billets de banque à condition de respecter le change légal. Il est à noter qu’après la crise de 1929 et celles qui l’ont suivie, tous les pays du monde ont complètement abandonné ce respect du change légal. En effet, les échanges usuraires ont fait loi et provoqué le retrait de l’or et des autres richesses qui, ne circulant plus, se sont concentrés entre les mains de quelques individus et Etats. Cela a engendré le déséquilibre des prix et entraîné des problèmes nouveaux comme l’inflation, l’accumulation des capitaux, les grandes inégalités entre les taux de change, la fixation des prix, etc.

Or, ces problèmes auraient pu être évités grâce à l’or et à l’argent. Le procédé de l’or et de l’argent a aussi l’avantage de pouvoir rééquilibrer la balance des paiements. Il permet donc, grâce à son mécanisme, d’assurer la stabilité du cours du change. L’étalon monétaire (l’or et l’argent) met ainsi l’Etat islamique à l’abri des problèmes dans lesquels se débat le monde capitaliste. Il n’existe pas non plus de problème salarial ni de revendications ouvrières en islam car l’évaluation de l’utilité d’un bien ou d’un service se fait suivant un critère spécifique. En effet, la valeur est l’utilité d’une chose, compte tenu de la raréfaction de cette chose. La raréfaction elle-même ne constitue pas un critère d’évaluation mais un simple facteur à prendre en considération lorsqu’on évalue l’utilité de cette chose, c’est-à-dire le profit qu’on peut en tirer. L’utilité, elle, est définie suivant deux paramètres : les avantages rattachés à la chose en question d’une part, et l’intérêt qu’elle suscite d’autre part. Cette utilité peut découler soit d’un bien ou d’un travail, soit des deux à la fois (il s’agit alors de richesses). L’utilité provenant d’un bien consiste à consommer ce bien (par exemple manger du pain) ou à en faire usage (prendre une voiture, par exemple). Quant au travail, il est soit intellectuel comme la conception d’un projet par un ingénieur, soit manuel comme l’activité d’un ouvrier.

Dans le capitalisme, l’évaluation de la valeur d’un bien se fait en fonction de l’utilité marginale. Ainsi par exemple, on évalue la valeur ou l’utilité du pain suivant l’accès ou l’acuité de la faim et non pas suivant le moment ou la faim commence à se faire sentir. Autrement dit, on évalue l’utilité du pain en fonction de l’instant ou la demande se fait pressante, ce qui fait que le consommateur (qui a alors un vif besoin de manger) est à la merci du producteur (qui peut agir à sa guise). Cette conception de l’utilité -foncièrement érronée- est en fait fondée sur la loi de l’offre et de la demande et sur l’opposition production/consommation : si la marchandise est très demandée, son prix augmente automatiquement ; sinon, on limite la production et on baisse le prix de la marchandise. Il n’existe point de restriction de l’offre et de la demande en dehors de ce qui est initialement prévu par le système. Or, dans le système capitaliste la valeur matérielle est la cheville ouvrière ; la compensation est matérielle de même que la prime accordée au producteur ; la pénalité est également matérielle puisqu’en cas d’action en justice pour atteinte à la dignité il est prévu une compensation pécuniaire. Ainsi, dans le système capitaliste la valeur matérielle domine tout, à l’exclusion de tout autre, d’où le dérèglement des idéaux qui n’est que la conséquence du déséquilibre du système des valeurs. Le système capitaliste est donc erroné dans ses moindres détails. Le marché ne peut y être conçu que suivant un certain nombre de règles qui le régissent et le domine comme elles dominent le système lui même avec toutes ses imperfections.

Pour récapituler, disons que le prix et l’aspect du marché dépendent de l’ensemble des forces qui participent à la vie économique, le système étant un tout indivisible. Cela est tout aussi valable pour le système islamique car il s’agit avant tout d’un problème qui touche à l’homme et non pas d’un problème strictement économique. Le déséquilibre social peut aussi être dû à l’acquisition des biens par des moyens illégaux comme les jeux de hasard, l’escroquerie, les intérêts à vue, etc. que l’islam interdit formellement. Le système islamique permet d’éviter ce déséquilibre car l’acquisition des biens y est soumise aux prescriptions de la Loi. Or, il existe des catégories de biens que les individus ne peuvent absolument pas s’approprier et qui reviennent d’office au Trésor public. Il en va ainsi de l’héritage que laisse l’apostat ou l’impie dont l’héritier est musulman (le musulman ne pouvant légalement hériter de l’impie). Pour empêcher que les biens ne soient acquis par des moyens illégaux, l’islam prévoit un juge spécial (le juge-inspecteur) dont le rôle est de prévenir et de sanctionner l’escroquerie ainsi que le stockage des marchandises en vue d’influencer le marché, et de contrôler la régularité des poids et mesures, des contrats et de tout ce qui a trait à l’état du marché en général. Le système islamique définit ainsi des normes pour chaque chose, ce qui contribue pleinement à la stabilité du système économique.

Quant aux échanges internationaux- ils dépendent de la façon dont l’islam conçoit la terre d’impiété(constituée des pays où les institutions impies sont en vigueur, ou où les rênes du pouvoir sont en d’autres mains que celles des musulmans). Ainsi par exemple, les produits susceptibles de renforcer les Etats impies sur le plan stratégique ne peuvent sortir de la terre d’islam(constituée des territoires où la Loi islamique est appliquée, et où les rênes du pouvoir sont entre les mains des musulmans). Il en va de même des produits nécessaires à la nation où dont l’exportation peut causer une pénurie alimentaire. Les marchandises importées par des ressortissants de pays avec lesquels l’Etat islamique a des accords sont soumises aux mêmes lois des échanges concernant la terre d’impiété. Aucune marchandise (légalement licite) n’est interdite d’importation ; seule la nationalité du commerçant non ressortissant de l’Etat islamique est prise en compte. Or, les pays ennemis (qui constituent la terre d’impiété) se divisent en deux catégories ; ceux avec lesquels l’état isiamique est en guerre ouverte ou effective et ceux avec lesquels il est en guerre couverte ou virtuelle. Pour ce qui est de la première catégorie de pays, l’état de guerre existe par principe, qu’il y ait ou non confrontation armée. Les Etats ayant des visées impérialistes sur les territoires de l’Etat isiamique se rattachent à ce groupe de pays avec lesquels l’Etat islamique est en guerre ouverte et ne peuvent avoir de représentation diplomatique en terre d’islam. Quant à la deuxième catégorie de pays, l’Etat islamique doit normalement entreprendre le djihâdou guerre sainte contre les Etats qui la composent en vue de les prendre sous la bannière unique de la terre d’islam, mais la guerre ne leur est pas déclarée. L’islam permet à l’Etat islamique d’avoir des relations avec ce dernier groupe d’états, ne serait-ce qu’au niveau diplomatique (Ce groupe comprend des pays comme la Suisse actuelle). Si ces Etats avec lesquels l’Etat islamique est seulement en guerre couverte font payer des impôts aux commerçants citoyens de l’Etat islamique, celui-ci a le droit de prendre des mesures réciproques. Telle est la situation économique à même d’assurer la sécurité à l’extérieur comme à l’intérieur. L’efficacité de ce système dans lequel toutes les forces vives contribuent à la stabilité des prix et du marché et à l’équilibre économique d’une façon générale, vient tout simplement du fait qu’il provient du Maître de l’univers. Mais l’erreur consiste à voir les choses à travers la réalité quotidienne. L’islam ne doit pas en effet être conçu au travers d’une réalité gangrenée jusqu’à la moelle des os, mais indépendamment de tout parce qu’il est un système unique, révélé par Dieu l’Absolu.

En examinant de façon exhaustive le système islamique, on constate qu’il définit les moyens par lesquels on peut légalement acquérir et faire rapporter les biens ainsi que ceux qui permettent de réaliser l’équilibre économique. En effet, l’acquisition des biens est soumise aux dispositions de la Loi islamique. Il est par exemple interdit de monter une entreprise dont les statuts n’obéissent pas à l’un des cinq types de société stipulés par l’islam et dans lesquels il y a nécessairement offre et acceptation entre les parties contractantes. Il en est de même de tout autre agissement contraire aux prescriptions de la Loi islamique. Les biens ne peuvent donc s’acquérir que par des moyens légaux définis par l’islam tels que le travail (pêche, agriculture, courtage, métier de guide, etc.), l’héritage, les dons octroyés par l’Etat aux citoyens, les dons entre individus, etc. on ne peut non plus les faire rapporter par des moyens illégaux comme l’usure, la fraude grossière, les jeux de hasard, etc. Quant à la façon dont le système islamique réalise l’équilibre économique, elle consiste en quelques dispositions spécifiques telles que la zakât (aumône légale), le rikâz (minerais et trésors enfouis) dont le 1/5 revient de droit à l’Etat, la supervision du commerce intérieur et extérieur par l’Etat, le fait que les billets de banque doivent obfigatoirement être gagés par leur contrepartie en or ou en argent, etc. Cet aperçu quoique succinct, permet d’avoir une idée du système économique de l’islam et de son harmonie. Il peut arriver cependant que l’Etat islamique connaisse parfois une hausse des prix. Cela relève bien évidemment de la volonté de Dieu l’Absolu puisque c’est Lui qui conditionne les prix et est la cause réelle de tout effet survenant ici-bas, y compris la hausse des prix. Mais on doit tenir compte de la conjoncture économique en en étudiant tous les aspects afin de déceler éventuellement un problème et y remédier le cas échéant. Le fait que la fixation des prix soit du ressort de Dieu Seul ne signifie pas qu’il y a nécessairement un problème à l’origine de leur hausse. Il se peut en effet qu’un phénomène nouveau soit entré enjeu dans le tissu social et qu’il y ait eu une certaine incidence sur l’état du marché. Il s’agira alors de parer à ce phénomène dès le début. Notons qu’un tel phénomène ne pourrait nullement être imputé à une déviation par rapport à la méthode doctrinaire suivie par l’Etat. Le niveau des prix relève de la volonté de Dieu veut donc dire que l’état des prix est entre les mains de Dieu et dépend absolument de sa volonté. Il est d’ailleurs certain qu’en cas de hausse des prix, leur fixation par l’autorité publique ne constitue pas la bonne solution. Or, Dieu interdit la fixation des prix comme solution au problème de la cherté de la vie car ce serait intervenir dans ce qui est prérogative exclusive de Dieu et cela constitue un grand péché. Tel est le sens du hadith cité ci-dessus.

Mais cela ne signifie nullement que l’on doive se résigner et se soumettre face au problème de la hausse des prix ou à d’autres. Sinon pourquoi la Loi islamique existerait-elle alors? Pour montrer que la hausse des prix n’est pas une fatalité, citons deux épisodes où l’Etat islamique à été confronté à ce problème. Ainsi, à l’époque du Khalife Omar, le marché des produits alimentaires connut une hausse des prix conjoncturelle. Omar eut alors l’idée d’importer certaines denrées qu’il lança sur le marché à des prix bas , les prix du marché baissèrent aussitôt. A la fin de l’Etat abbasside, la région de Naïdjahir se trouva une fois confronté elle aussi à une véritable flambée des prix – le sac de blé y valait 100 dirhams au lieu de 10. Il y avait manifestement un problème à, l’origine de cette hausse des prix spectaculaire. De quoi s’agissait-il donc? L’historien al-Maqrizi nous éclaire sur ce point. Dans ses chroniques, il nous apprend que la région en question regorgeait d’argent (les mines de ce métal précieux y étant fort nombreuses), d’où cette hausse des prix sans précédent. Cette situation -normale dans le cadre de l’étalon monétaire (l’or et l’argent)- ne constitue un problème que si elle s’aggrave comme c’est visiblement le cas ici. En fait, il ne s’agit pas de voir si la situation est normale ou pas, mais de résoudre un problème qui provoque un grand décalage entre les prix et perturbe même l’aspect du marché et l’Etat de change. Comment fallait-il donc y remédier?

L’Etat islamique doit normalement veiller à ce que la circulation de la monnaie se fasse suivant des règles précises. Il prend notamment en considération le nombre de personnes qui participent aux échanges et les quantités d’argent nécessaires. Il doit ainsi contrôler les quantités de monnaie mises en circulation pour en retirer une partie le cas échéant car s’il y a trop d’argent en circulation cela provoque certaines complications. La profusion des quantités de monnaie en circulation n’a cependant aucune incidence réelle sur le marché, sauf si l’état est jeune. Dans ce cas en effet, l’Etat a intérêt à ne pas faire circuler plus d’argent que nécessaire afin d’assurer la stabilité du marché. De plus, un jeune Etat peut être confronté à un blocus économique. Or, le blocus engendre des complications monétaires du fait qu’il n’y ait ni rentrée ni sortie d’argent et aussi parce qu’il y a une monnaie spéculative en cas de sortie. Pour préserver le pouvoir d’achat, le jeune Etat doit veiller à ce que les quantités de monnaie mises en circulation n’augmentent pas. S’il y a osmose entre le marché intérieur et le marché extérieur, la profusion de la monnaie en circulation n’a, en principe, aucun effet négatif sur la situation économique. Pour remédier à un problème comme celui auquel la région de Naïdjahir à été confrontée, la solution idéale consisterait à contrôler les contrats de vente car les commerçants pourraient bien accepter n’importe quel prix qu’on leur propose sans tenir compte du cours du marché, ce qui est illégal. Quant au problème de l’argent (ou de l’or), on pourrait le résoudre par le transfert du métal précieux, à certaines conditions, vers l’extérieur de la région où il est abondant. On pourrait pratiquement absorber la profusion d’argent (ou d’or) si l’état est suffisamment vaste en répartissant le métal précieux entre les différentes régions. Il serait également envisageable, en cas d’abondance, de vendre l’excèdent d’argent (ou d’or) à des pays avec lesquels l’Etat islamique a des relations commerciales, empêcher que l’on transforme les lingots en pièce de monnaie, ou utiliser essentiellement l’argent dans la fabrication des bijoux. On aurait ainsi résolu le problème.

D’autres solutions pourraient certainement être envisagées. Ainsi donc, en matière d’économie islamique, l’état du marché est défini par le système de l’islam dans son ensemble. Il n’est nullement déterminé par l’offre et la demande comme on l’a vu car il s’agit d’un terme qui exprime une réalité propre au capitalisme et qui ne s’applique point à l’islam. En supposant qu’il soit permit d’utiliser cette terminologie de l’offre et de la demande sous certaines réserves, force est de constater qu’elle reste intimement liée au système capitaliste qu’elle évoque par son emploi même.

source : http://albadil.edaama.org/articles.php?id_article=18&theme=fiqh


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

%d blogueurs aiment cette page :