Publié par : crise2007 | octobre 29, 2007

La moitié des réserves pétrolières seraient épuisées

La moitié des réserves pétrolières seraient épuisées

Le pic pétrolier, le moment où la moitié des réserves de brut de la planète ont été épuisées, aurait été atteint en 2006. L’extraction de l’or noir serait désormais sur une pente déclinante de 3 % par an, et les compagnies n’extrairont plus que 39 millions de barils par jour en 2030 (contre 81 millions aujourd’hui). Telle est la principale conclusion, alarmiste, des experts d’Energy Watch Group (EWG) – créé par le député Vert allemand Hans-Josef Fell – dans un rapport publié à Londres lundi 22 octobre.

 

Pour les scientifiques d’EWG, les réserves prouvées (exploitables et rentables aux coûts actuels) ne sont pas, contrairement aux estimations officielles, de 1 200 milliards de barils mais de 854 milliards. La différence est imputable aux cinq grands producteurs du Moyen-Orient : Arabie saoudite, Iran, Irak, Koweït et Emirats arabes unis. Ils ne posséderaient pas 630 à 710 milliards de barils, comme l’affirment les plus optimistes, mais seulement 340 milliards.

« Dans cette région, la production va décliner dans un avenir proche », affirme le rapport. Ce serait une très mauvaise nouvelle pour les pays consommateurs, qui comptent sur ces réserves pour alimenter leur croissance économique, alors que l’on s’attend à un déclin de la production des pays non membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Russie, Mexique…) à partir de 2010.

« CHANGEMENT ÉCONOMIQUE »

Le niveau exact des réserves est invérifiable. Les pays producteurs ne sont pas tenus à une obligation de transparence. C’est ainsi que l’EWG estime les réserves de l’Iran à 44 milliards de barils (contre 130 officiellement) sur la foi d’un ancien ingénieur de la compagnie nationale (NIOC). Celles de l’Arabie saoudite ne seraient pas de 262 milliards mais de 181 milliards de barils.

Les calculs du groupe d’experts allemands s’appuient sur la production actuelle et tiennent compte des difficultés des compagnies (accès aux ressources, retard des projets). Plusieurs majors pétrolières ont accusé, ces derniers mois, une forte baisse de leur production. L’EWG souligne aussi que les grands champs du golfe Persique ont atteint un pic et qu’« une augmentation de l’extraction n’est pas dans l’intérêt à long terme des pays du Moyen-Orient ». Notamment des Saoudiens, dont la production serait déjà en baisse.

A ceux qui dénoncent ses méthodes de calcul, l’un des deux auteurs du rapport, Jörg Schindler, répond que « c’est sur cette base qu’EWG a pu annoncer sans se tromper que la production de mer du Nord atteindrait son pic en 2000″. L’EWG juge que « le monde est au début d’un changement économique structurel » lié à la déplétion pétrolière, et que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) adresse un « message erroné » aux politiques, aux industriels et aux citoyens.

Ces prévisions doivent tout de même être prises avec précaution. Même l’ASPO (Association for the Study of Peak Oil), un groupe d’ex-géologues pétroliers critiques sur l’optimisme des compagnies et de l’AIE, est moins alarmiste. Elle estime qu’on atteindra le pic vers 2011, mais qu’on produira encore 65 millions de barils par jour en 2030 (contre 116 millions pour l’AIE).

Le rapport sert la cause de l’EWG, dont les responsables militent pour les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse…) et un renforcement de l’efficacité énergétique, seuls capables à leurs yeux de résoudre la crise. Député au Bundestag, M. Fell a été l’un des grands artisans du développement des énergies propres en Allemagne.

Le scénario noir d’EWG sous-estime les progrès dans les techniques d’exploration et de production, qui accroissent le taux de récupération du brut. Il minimise aussi le potentiel des pétroles dits « non conventionnels » (sables bitumineux, huiles lourdes…) rentables avec un baril à 90 dollars, même si leur extraction se fait à des coûts énergétiques et environnementaux élevés. En 1950, juste avant les grandes découvertes des décennies 1950-1970, le rapport entre réserves prouvées et production annuelle était de vingt-deux ans ; il est aujourd’hui de quarante-quatre ans.

Jean-Michel Bezat

 

 

source  : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-971585@51-963558,0.html

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