Publié par : crise2007 | octobre 30, 2007

Nous devons bombarder l’Iran, dit un gourou républicain des États-Unis

 bombarder l’Iran, dit un gourou républicain des États-Unis  

Par Toby Harnden, Telegraph (Royaume-Uni), publié samedi le 27 octobre 2007.

NEW YORK – Un vieux conseiller en politique étrangère du candidat favori [à la présidence] du parti Republican Rudolph Giuliani a exhorté que l’Iran soit bombardé en utilisant des missiles de croisière et des « Bunker Busters » (bombes à charge pénétrante) afin de repousser le programme nucléaire de Téhéran d’au moins cinq ans.

Nous devons bombarder l'Iran, dit un gourou républicain des États-Unis

Ce message cru, qui survient en une période de crise entre les États-Unis et l’Iraq, a été lancé par Norman Podhoretz, un des fondateurs du néo conservatisme qui a également donné ce conseil radical à un président réceptif, George W. Bush.

« Aucune des solutions de rechange à l’action militaire telles que des négociations, des sanctions ou la provocation d’une insurrection à l’intérieur de l’Iran ne pourraient éventuellement fonctionner, » a déclaré M. Podhoretz.

« Ce sont tous des moyens de se soustraire au terrible choix auquel nous devons faire face c’est-à-dire, leur permettre de posséder la bombe ou bien les bombarder. »

Dans une interview avec le Daily Telegraph, M. Podhoretz s’est dit certain que les bombardements pourraient être couronnés de succès.

« Les gens à qui j’ai parlé n’ont pas de doute, nous pourrions les retarder de 5 ou 10 ans. Ils sont de ceux qui croient que nous pourrions atteindre facilement les installations souterraines avec les bombes « bunker buster » très sophistiquées. »

Bien que M. Podhoretz dit ne pas parler au nom de M. Giuliani, l’ancien maire de New York semble avoir adopté au moins la logique de ce point de vue radical.

Lors d’une visite à Londres au cours du mois dernier, M. Giuliani a déclaré au sujet de l’Iran que s’il était donné « la certitude absolue qu’ils sont sur le point de devenir une puissance nucléaire, nous allons les empêcher ou nous allons les ramener 5 ou 10 ans en arrière. »

M. Podhoretz a déclaré: « J’ai été très heureux de le lui entendre dire. J’ai même été surpris qu’il soit allé aussi loin. Je suis sûr que certains de ses conseillers politiques lui recommandaient d’y aller doucement … Je ne conseillerais pas à un candidat de déclarer publiquement que nous devons bombarder, ce n’est pas une chose prudente à dire à cette étape de la campagne. »

Mais les 77 ans de M. Podhoretz ainsi que sa position prééminente d’intellectuel de politique étrangère conservatrice signifie qu’il ne peut non seulement penser à l’impensable, mais qu’il doit dire l’indicible.

« Mon rôle consistait simplement à dire ce que je pense, »
a t-il dit, tout en expliquant qu’il participe à des conférences téléphoniques hebdomadaires et qu’il est sur une base quotidienne en contact par courriel dans la campagne de Giuliani.

Il est le membre le plus éminent du groupe de pur et dur des va-t-en-guerre des collaborateurs rassemblés par M. Giuliani. Ce groupe se compose notamment de Daniel Pipes, qui s’oppose à un État palestinien et qui estime que les États-Unis doivent « inspirer la peur et non l’affection, » et Michael Rubin, un ancien du Pentagone qui affirme que la voie diplomatique de Condoleezza Rice est « dangereuse » et qu’elle est un signe de « faiblesse » des États-Unis face à Téhéran.

« Est-ce que Rudy est d’accord avec moi? » a demandé M. Podhoretz avec éloquence. « Je ne le sais pas et je ne veux pas le savoir. » Mais il a ajouté que « les vues de Rudy face à la guerre sont très similaires aux miennes. »

La thèse de M. Podhoretz est que la guerre contre le terrorisme est en fait la Quatrième Guerre Mondiale et que les 42 années de la Guerre Froide seraient plus correctement décrites comme ayant été la Troisième Guerre Mondiale.

Ayant reçu en 2004 par le président George W. Bush la « Presidential Medal of Freedom – médaille présidentielle de la liberté », la plus haute distinction que les États-Unis puissent décerner à un civil, M. Podhoretz a par la suite cherché a obtenir une rare audience en tête-à-tête avec le Commandant en chef des États-Unis [NDT : Le Commandant en chef est le président des USA soit, G. W. Bush]. Ils se sont rencontrés à l’hôtel Waldorf Astoria de New York au printemps.

L’auteur de la récente Quatrième Guerre Mondiale: la Longue Lutte Contre l’Islamofacsisme a passé environ 35 minutes à présenter ses arguments en faveur de frappes aériennes contre l’Iran alors que le principal conseiller de M. Bush, Karl Rove, en prenait note.

« Est-ce que j’ai eu un quelconque effet sur lui, je ne le sais vraiment pas mais j’ai fait de mon mieux pour le persuader », a-t-il dit.

« Il était très cordiale. Il était chaleureux. Il a écouté. À quelques occasions, il a posé des questions alors que je présentais mes arguments, mais il avait une « poker face » [NDT : Une attitude où rien ne transparaît, ni son accord, ni son désaccord, ni rien.]

M. Podhoretz a quitté la rencontre avec la foi inébranlable qu’avant qu’il ne quitte ses fonctions, M. Bush attaquera l’Iran.

« Le sens des questions n’était pas de tenter de réfuter ou de contredire ce que je disais. Je n’ai ressenti aucune vibration négative. »

Il a dit que présentement « le débat (sur l’Iran) est secrètement terminé et les personnes qui sont contre une action militaire, se préparent à fabriquer des arguments à l’effet que nous pouvons vivre avec une bombe iranienne. »

Toutefois, ni M. Bush ni M. Giuliani tolèreraient que Téhéran possède l’arme nucléaire de même qu’ils n’autoriseraient une action militaire seulement s’ils étaient convaincus que l’Iran a dépassé le point de non retour avec son programme d’enrichissement de l’uranium.

« Contrairement à une invasion terrestre où vous devez déployer des centaines de milliers de soldats, il faut six mois [de préparatifs et alors] tout le monde sait que vous êtes sur le pied de guerre. Avec des frappes aériennes, nous avons trois porte-avions dans la région et un grand nombre de sous-marins, » a déclaré M. Podhoretz.

« Je dirais qu’il n’en prendrait que cinq minutes. Vous allez vous réveiller un bon matin et les ordres d’attaquer auront été donnés et les attaques auront été effectuées au cours de la nuit. Tout ce que le président a à faire, c’est de dire « GO ».

Traduction libre de Dany Quirion pour Alter Info

Version anglaise ©:
http://www.telegraph.co.uk/news


 

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Responses

  1. So what?


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