Publié par : crise2007 | octobre 31, 2007

Maroc, Carburant: Derniers réglages avant hausse

Maroc, Carburant: Derniers réglages avant hausse
 
· La Fédération de l’énergie préconise une approche par palier

· 1 dollar de plus sur le baril = 30 millions de DH à supporter


· Préserver le pouvoir d’achat, choix cornélien

Augmentera, n’augmentera pas? La question est sur toutes les lèvres. «Pour le moment, on n’a reçu aucune information concernant une nouvelle structure des prix des carburants». Comme chez tous les autres distributeurs, Yassir Bermaki, du département pôle métier de Pétrom, se veut prudent. Pourtant, la répercussion de la hausse du brut sur le consommateur parat inévitable, comme l’a réitéré, à L’Economiste, Moulay Abdellah Alaoui, président de la Fédération de l’énergie (voir L’Economiste du 24 octobre). Une question de derniers réglages avant l’indexation, dit-on, chez des observateurs et analystes. D’autant que techniquement, le processus est déjà bien rodé. Il suffira de 24 heures pour que les équipes d’entretien dédiées des distributeurs de produits pétroliers changent les prix à la pompe. C’est aussi le délai laissé par le ministère de l’Energie aux stations-service.
Combien de temps encore le gouvernement résistera avant d’indexer les hausses répétées ces derniers mois du cours du pétrole? Le baril du brut a dépassé hier, pour la première fois, la barre des 93 dollars. Et selon de nombreux analystes, ce trend haussier se poursuivra aussi longtemps que les tensions géopolitiques, notamment l’imminence d’un conflit armé entre la Turquie et les rebelles kurdes, persisteront. D’autres imputent cette flambée à la faiblesse du dollar ou la montée de l’euro. C’est selon.
Face à ces querelles de chapelle, le Maroc semble prendre son temps, tant l’arbitrage est ardu. Le ministre de l’Energie et des Mines, Amina Benkhadra, et le ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales, Nizar Baraka, optent pour le no comment. Mais une source proche du cabinet du Premier ministre confie que «l’indexation est imminente et que ce n’est plus qu’une affaire de quelques jours, car la tendance est à la hausse durable des cours du brut». Qu’en pense Monsieur pétrole du ministère de l’Energie et des Mines, Saïd El Oufir? L’Economiste n’en saura rien, l’homme étant en mission à l’étranger. La solution est-elle pour autant entre ses mains? Le président de la Fédération de l’énergie émet des réserves. Pour lui, la réponse à cette équation ne viendra pas de l’extérieur. «Les prix à la pompe doivent refléter les cours sur le marché international», autrement dit, ils doivent être répercutés aux consommateurs. Toutefois, «en vue de préserver leur pouvoir d’achat, les pouvoirs publics doivent consentir des augmentations par paliers du fait que dans le budget 2007, les prévisions sont basées sur un baril à 65 dollars», nuance-t-il. Mais, faute d’augmenter les prix à la pompe, ne serait-ce que d’une façon graduelle, ce sont les socités de distribution pétrolières qui en pâtiront.
D’ores et déjà, celles-ci demandent que des ressources budgétaires supplémentaires soient dégagées pour permettre à la Caisse de compensation de faire face à ses engagements. Mais aussi que des ressources financières suffisantes, évaluées sur la base de prix réalistes, aux alentours de 90 dollars le baril, soient destinées à la compensation en 2008 pour lui permettre de faire face à ses obligations. (Rappelons que le projet de budget 2008 prévoit quelque 19 milliards de DH tous produits confondus). «A cause de la non-répercussion à la pompe de la progression des prix du brut, le montant de la subvention a fortement augmenté depuis l’été dernier». Au rythme actuel, «si les ressources budgétaires supplémentaires ne sont pas dégagées, la dette de l’Etat vis-à-vis des sociétés de distribution pétrolières pourrait à nouveau s’emballer et atteindre plus de 3 milliards de DH à la fin de l’année», met en garde Alaoui. Auquel cas, comment les sociétés pétrolières vont les financer? Recourir aux emprunts extérieurs, générateurs de frais financiers, lesquels vont obérer leurs marges, entraînant des déficits considérables pour elles». Sur la base des 65 dollars considérés dans la loi de Finances 2007, chaque dollar de plus sur le prix du baril entraîne un manque à gagner de 30 millions de DH.
«La hausse est inévitable», martèle Alaoui. Alors, comment minimiser les conséquences d’une telle décision sur le pouvoir d’achat que Nizar Baraka dit vouloir préserver?Bachir THIAM

source : www.leconomiste.com numéro du 30/10/2007

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :