Publié par : crise2007 | novembre 4, 2007

Etats-Unis : incertitudes économiques et monétaires

Etats-Unis : incertitudes économiques et monétaires

Pour la seconde fois en deux mois, la banque centrale américaine a réduit le loyer de l’argent, d’un quart de point de pourcentage. Les membres de la Réserve fédérale (Fed) ont décidé, mercredi 31 octobre, de faire passer le taux des fonds fédéraux de 4,75 % à 4,5 %, et le taux d’escompte de 5,25 % à 5 %.

La banque centrale a jugé que « la décision prise aujourd’hui, combinée à celle de septembre, doit permettre de contrer certains des effets économiques défavorables qui pourraient, sinon, survenir à la suite des perturbations sur les marchés financiers et de promouvoir une croissance modérée dans le temps ».

« Les hausses récentes des prix de l’énergie et des matières premières, entre autres facteurs, pourraient relancer les pressions sur l’inflation », s’inquiète toutefois la Fed. Elle estime « qu’un certain risque d’inflation demeure » et qu’après sa décision d’abaisser les taux mercredi, « ce risque » est à peu près équivalent à celui d’une « baisse de la croissance ».

Les prix à la consommation aux Etats-Unis, au mois de septembre, avaient augmenté un peu plus que prévu, progressant de 0,3 % par rapport à août, et de 0,2 % hors énergie et alimentation. Sur un an, la hausse des prix avait atteint 2,8 % (après 2 % en août, soit la plus forte progression enregistrée depuis mars), et de 2,1 % hors énergie et alimentation.

CRAINTE D’UNE RÉCESSION

Les autorités monétaires américaines laisseraient-elles entendre qu’il s’agit de la dernière fois qu’elles abaissent les taux directeurs cette année ? A trop assouplir la politique monétaire, la banque centrale pourrait en effet attiser l’inflation.

L’un de ses membres, le président de la banque centrale de Kansas City, Thomas Hoenig, connu pour ses positions dissidentes au sein du comité de décision monétaire, souhaitait que la Fed ne modifie pas ses taux mercredi.

D’autant que la croissance paraît résister à la crise immobilière. Selon les statistiques publiées mercredi, le produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 3,9 % en rythme annuel au 3e trimestre, grâce à la vigueur de la consommation et au dynamisme des exportations.

Mais les signes de fragilité de l’économie américaine se multiplient. La confiance des consommateurs, mesurée mardi par l’institut privé de conjoncture Conference Board, est ainsi tombée à son plus bas niveau en deux ans en octobre. Celle établie par l’université du Michigan est au plus bas depuis plus d’un an. Quant au marché de l’immobilier, il n’a montré aucun signe d’amélioration au mois de septembre.

La crainte d’une récession s’est même accentuée récemment. Près de deux tiers des Américains pensent qu’une récession est probable l’an prochain et une majorité estime que l’économie a déjà trébuché, selon un sondage Bloomberg-Los Angeles Times, paru le 25 octobre.

Les économistes de Wall Street accordent en moyenne plus d’une chance sur trois au scénario de récession. Le modèle mathématique utilisé par la banque américaine Morgan Stanley indique que l’économie est passée dans la zone rouge dite de « décélération-risque de récession ».

Ce qui est d’autant plus inquiétant puisque, depuis 1991, cet indicateur a correctement anticipé les récessions dans 74 % des cas. Le modèle de la banque concurrente, Merrill Lynch, donne 50 % de risques de récession.

Même Alan Greenspan, l’ancien patron de la Fed, est passé d’une chance sur trois à une sur deux de voir l’économie du pays plonger dans la récession.

Si la banque centrale américaine a tenté de dissuader, mercredi, les acteurs de la finance de parier sur une baisse des taux lors de sa prochaine réunion monétaire, le 11 décembre, son jugement dépendra des prochaines données économiques. La tournure que prendra la crise financière, l’évolution du secteur immobilier et, surtout, le comportement de consommation des ménages seront déterminants. Les premières indications concernant les ventes de Noël offriront de précieux renseignements.

Les économistes ont, eux, du mal à partager l’optimisme de la banque centrale américaine. Trop de signes de faiblesse peuvent hypothéquer la croissance selon eux. De nombreux experts, chez UBS, Merrill Lynch, ING ou Natixis, n’ont donc pas modifié leur prévision d’une baisse des taux d’un quart de point en décembre. Et, sur les marchés financiers, le scénario d’une baisse équivalente après le mois de janvier 2008 est déjà intégré dans les cours.

La réaction des intervenants sur les marchés financiers a été de vendre du dollar, d’acheter des actions, de l’or et du pétrole. L’euro a ainsi franchi pour la première fois le seuil de 1,45 dollar (1,4504 dollar). Le prix du pétrole a dépassé la barre des 96 dollars, jeudi matin, sur les marchés asiatiques. Les contrats à terme sur l’or ont atteint 800 dollars l’once, du jamais-vu depuis 1980. Enfin, à Wall Street, l’indice Dow Jones a fini, mercredi, en hausse de 1 %.

Cécile Prudhomme

 

source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-973455@51-954054,0.html

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