Publié par : crise2007 | novembre 10, 2007

Crise du crédit : La facture du niveau 3 atteindrait 100 milliards de dollars

Crise du crédit : La facture du niveau 3 atteindrait 100 milliards de dollars

Selon une note interne de la Royal Bank of Scotland, la nouvelle réglementation du niveau 3 devrait entrainer 100 milliards de dépréciation d’actifs dans l’immédiat et les pertes totales à terme pourraient se situer dans une fourchette de 250 à 500 milliards. La santé financière de Citigroup est mise en doute. La presse française ignore les derniers développements de la crise.

Les ondes de chocs qui destabilisent le secteur financier se succèdent l’une après l’autre, et les plus grands établissements sont ébranlés.

Citigroup, la première banque américaine est en mauvaise posture et l’éventualité de la faillite d’un grand nom de la place commence à être évoquée à demi mots. L’un des éditorialiste de The Nation titrait hier Citigroup : Too Big to Fail ?

Dernier épisode en date, la nouvelle reglementation du Financial Accounting Standards Board (FASB), qui oblige les banques à utiliser partout où c’est possible la valorisation de leurs actifs selon les données disponibles des marchés et non plus selon des modèles mathématiques maison qui permettent de porter au bilan des valeurs « mythiques », selon le mot de Warren Buffet.

Les portefeuilles seront désormais répartis selon 3 niveaux, en fonction de l’existence de prix observables sur les marchés pour une classe d’actifs. Seuls les produits tout à fait exotiques, pour lesquels n’existent que peu ou pas de prix de transaction connus pourront continuer d’être portés au bilan selon une valorisation théorique.

Cette réglementation a deux conséquences. Elle devrait contraindre les banques à comptabiliser les titres immobiliers à leur valeur réelle, qui s’est effondrée depuis septembre, et non plus selon une cotation propre à l’entreprise. Elles vont donc devoir les déprécier bien plus qu’elles ne l’ont fait jusqu’à présent.

D’autre part, en publicisant le montant de leurs actifs les moins liquides de niveau 3, elles fourniront une estimation de leur exposition à d’éventuelles difficultés de refinancement. Cette catégorie regroupant les actifs les moins aisément réalisables en cas de besoin est aussi celle dont la valorisation peut être sujette à caution.

Selon Bloomberg, un analyste de la Royal Bank of Scotland (RBS) a estimé dans une note interne de la banque que la nouvelle reglementation pourrait entrainer une révision immédiate à la baisse des portefeuilles pouvant atteindre 100 milliards de dollars, sans commune mesure avec les dépréciations constatées par les banques jusqu’à présent. Mais les pertes totales pourraient être bien supérieures.

« Cette crise du crédit, lorsqu’elle atteindra son plein effet, entrainera de 250 à 500 milliards de pertes, » estime Bob Janjuah, responsable des analyses du secteur du crédit de la RBS.

« Si l’on observe les dépréciations, uniquement chez Merrill Lynch et Citigroup c’est de l’ordre de 20 milliards, donc 100 milliards en tout, c’est une estimation qui peut être assez basse, globalement, » déclare Sajiv Vaid, gestionnaire d’un portefeuille de 10 milliards de dollars.

Une équipe d’analystes de Citigroup estiment pour leur part les dépréciations d’actifs des CDO et des titres immobiliers, hors Citigroup, à 64 milliards, alors que jusqu’à présent ce sont seulement 15 milliards de pertes qui ont été enregistrés par les banques.

(JPG) Selon la réglementation du FASB, les actifs de niveau 1 doivent être comptabilisés au prix du marché. Ceux du niveau 2 selon un modèle prenant en compte des données observables, et ceux du niveau 3 selon une estimation propre à l’entreprise.

Les indices ABX, qui reflètent les cours des titres immobiliers fournissent donc ces « données observables » prescrites par la réglementation.

Si les CDO sont valorisés au bilan selon ces indices, qui ont perdu de 20 à 80% de leur valeur depuis le début de l’année, les banques vont enregistrer des pertes considérables qui peuvent menacer l’équilibre de leurs comptes et les faire passer dans le rouge.

La presse française absente au rendez vous

La réglementation de la FASB, qui entre en vigueur le 15 novembre, est le sujet chaud de la semaine pour un secteur de la finance déjà bien éprouvé.

Les montants en jeu sont énormes et lorsque l’éventualité d’une faillite de la Citigroup commence à être évoquée dans la presse, on assiste à un développement de première grandeur dans la crise.

Pourtant, étonnament, la presse française n’est pas au rendez-vous. Une recherche Google actualité, [1] sur le « niveau 3 » qui est l’objet de toutes les craintes, ne donne aucun résultat pour les grands médias français.

La presse manifeste bien souvent un mépris sans borne pour les sources d’informations présentes sur Internet. Mais lorsqu’elle faillit aussi visiblement à sa tâche, elle confirme le bien fondé d’initiatives comme la nôtre.


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