Publié par : crise2007 | novembre 13, 2007

Maroc : Deuxième augmentation du prix de l’huile en moins d’un an

Deuxième augmentation du prix de l’huile en moins d’un an!!!

La hausse est de 5% : le prix moyen du litre passe de 12 à 12,60 DH
Elle est justifiée par une augmentation des prix de la matière première de 30% depuis début 2007
D’autres augmentations ne sont pas écartées dans les mois à venir.

page_image Sur le front de la préservation du pouvoir d’achat, l’état de grâce sera de courte durée pour le nouveau gouvernement. A peine le premier ministre Abbas El Fassi a-t-il fini d’annoncer que son équipe s’engage à ne pas laisser filer les prix des denrées de base que les producteurs d’huile s’apprêtent à répercuter la hausse du coût des matières premières sur le consommateur. Mais plutôt que de parler de hausse, ils avancent qu’il s’agit simplement d’«une rectification» des prix en fonction de l’évolution du marché mondial des oléagineux dans une tentative de faire «passer la pilule». Mais les faits sont têtus. Quel que soit le vocable utilisé, réajustement, rectification, l’impact au final est le même : une hausse du prix du litre d’huile. Elle sera de l’ordre de 5%. Par conséquent, le prix du litre passera de 12 à 12,60 DH sachant que le prix est différent d’une ville à l’autre. L’écart constaté, tout à fait justifié par les frais de transport, est estimé à 0,20 DH.

Certains épiciers mal intentionnés, notamment à Casablanca, n’ont pas attendu cette décision pour faire valser les étiquettes. Depuis quelques jours, ils vendent, sans coup férir, le litre à 12,50 DH, au grand étonnement de la ménagère qui a maintenant du mal à gérer son budget, tant tous les produits semblent suivre la même trajectoire.

Rappelons que cette hausse constitue la deuxième en moins d’un an, après celle intervenue en juillet 2007. Le litre était alors passé de 10 à 12 DH. Il faut également souligner qu’en septembre dernier une autre hausse a été envisagée avant d’être ajournée pour deux raisons : la période, qui coïncidait avec le Ramadan, n’était pas propice à une hausse et les professionnels s’interdisent de répercuter de façon automatique les hausses des cours mondiaux des oléagineux enregistrés depuis janvier 2007. «Il était préférable de s’accorder une période d’observation et d’attendre que la hausse se stabilise dans le temps pour pouvoir la répercuter», explique Ahmed Rahhou, PDG de Lesieur Cristal. Et d’ajouter que les entreprises qui avaient programmé leurs achats sur une période de 1 à 3 mois de stocks de matières premières ont pu différer l’augmentation des prix. Aujourd’hui, elle est inévitable car la tendance toujours haussière (30% de plus depuis le début 2007) des prix des matières premières impacte les marges, affectant, selon les producteurs, leur rentabilité.

La récolte de soja de l’Amérique Latine déterminera l’évolution du marché
La décision d’augmenter le prix de l’huile sera suivie par tout le secteur. D’ailleurs, placés sous observation, depuis la publication du rapport de l’Autorité de la concurrence sur le secteur, les opérateurs se sont, selon une source proche du dossier, «bien comportés». En somme, elle relève qu’il n’y a «pas eu de pratiques illégales donc pas de spéculation contre l’intérêt du consommateur, pas d’augmentation abusive ni de surstockage».

Il reste que le comportement de la filière étant déterminé en grande partie par des facteurs exogènes, il est quasi certain que le consommateur fera face à de nouvelles hausses. Les producteurs se montrent pour l’instant circonspects. «Il est difficile de donner un calendrier des hausses», estime un industriel qui tient à préciser toutefois «qu’on ne sera fixé qu’à partir de mars 2008, après la récolte de l’Amérique Latine».

Mais il ne faut pas se faire d’illusion. Le marché mondial des oléagineux continuera de connaître une tension qui ira crescendo, particulièrement en raison de l’augmentation de la demande pour la fabrication des biocarburants. Cet effet pervers de la stratégie de développement durable initiée par les pays occidentaux, pressés qu’ils sont par les organisations écologiques, constitue une nouvelle donne qui ne profite qu’aux grands producteurs agricoles dont les lobbies sont pour une fois d’accord avec ces dernières. En effet, ils ont déjà commencé à appliquer une décision stratégique consistant à arbitrer en faveur des cultures rémunératrices, c’est-à-dire les plus rentables. Ainsi, le soja, la graine qui coûte le moins cher, risque, selon les observateurs, d’être sacrifié au profit d’autres matières premières comme le colza, le maïs et le tournesol, très demandées par l’industrie du biocarburant.

Il reste à attendre la réaction du gouvernement qui, certainement, aurait bien aimé éviter de commencer son mandat par une hausse des prix. Quand bien même le voudrait-il, il n’a aucune prise sur les prix de l’huile de table qui sont libéralisés depuis le début de la décennie. A moins de convaincre, gentiment, les producteurs d’attendre…

Aziza Belouas
Publié le : 09/11/2007

source : http://www.lavieeco.com/Economie/Deuxieme-augmentation

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