Publié par : crise2007 | décembre 31, 2007

Quand le rêve américain tourne au cauchemar planétaire

Quand le rêve américain tourne au cauchemar planétaire

 

 

Résumée à l’extrême, la crise des «subprime» est la revanche du pauvre débiteur hypothécaire expulsé de son foyer sur les grandes banques d’affaires internationales.
Car c’est la multiplication du nombre de faillites de ménages américains incapables de faire face à leurs engagements qui a débouché, au terme d’une longue cascade, sur la profonde crise que traverse le secteur financier.
Samedi 29 décembre 2007
Marie-Laure Chappatte, Yves Genier et Frédéric Lelièvre

 Tout part d’une activité florissante depuis plusieurs années, l’octroi d’hypothèques aux ménages n’offrant aucune garantie, qualifiés de NINJA («No Income, No Jobs or Assets» ou «sans revenu, sans emploi ni fortune»). Le terme «subprime» désigne du reste la médiocre qualité de ces prêts, par opposition aux prêts «prime».

La grande attractivité de ces prêts «subprime» tient dans leur rendement plus élevé du fait de leur risque supérieur. Très bas durant les deux premières années, le taux hypothécaire augmente de manière importante les années suivantes, ce que nombre d’Américains ont ignoré, de bonne foi ou sous l’influence de leur banquier, pour accomplir leur rêve, devenir propriétaires.

Le risque des prêts «subprime» peut cependant être diversifié, et donc réduit, en regroupant ces hypothèques dans des paquets. Ce qu’ont fait les banques d’affaires avant de distribuer ces lots de prêts, devenus de qualité, sous la forme de titres de dette structurée dits ABS (pour «asset-backed securities», ce qui n’a rien à voir avec un système de freinage).

Ces titres ont trouvé quantité d’acheteurs. Ils étaient attirés par des rendements plus élevés que les misérables coupons servis alors par les obligations classiques tandis que le risque jugé par les agences de notation était de quasi zéro, du moins jusqu’à l’automne.

La panique a éclaté en août
La pyramide s’est lézardée lorsque les taux des hypothèques accordées aux NINJA ont augmenté. La détérioration de la conjoncture américaine et la baisse du prix des maisons n’ont rien arrangé.

Le nombre de défauts sur les prêts «subprime» s’est accru à un niveau tel que la qualité des ABS s’en est trouvée altérée. En juin, les pertes sur ces instruments ont été si importantes qu’une grande banque d’affaires new-yorkaise, Bear Stearns, a dû apporter d’urgence plusieurs milliards de dollars
pour sauver deux de ses fonds.

L’engrenage engagé, l’inquiétude s’est propagée. La panique a éclaté en août. La valeur des titres de prêts structurés s’est effondrée, faute d’acheteurs. Les grandes banques qui en détenaient d’importantes quantités, Citigroup, UBS et Merrill Lynch en tête, ont dû annoncer des amortissements de plusieurs milliards de dollars (13 milliards en tout pour UBS). Elles sont forcées, aujourd’hui, de se recapitaliser. La méfiance généralisée enre banques a fait exploser les taux d’intérêt à court terme, forçant les plus grandes banques centrales à s’unir pour injecter de l’argent par centaines de milliards de francs afin de sauver le système.

 source :


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :