Publié par : crise2007 | mars 6, 2008

Dubaï au secours de l’immobilier espagnol

  Dubaï au secours de l’immobilier espagnol

La bataille autour du contrôle de Colonial va certainement conforter l’image d’un marché immobilier espagnol en crise. L’offre de 3 milliards de dollars (2 milliards d’euros) émanant du fonds Investment Corporation of Dubai (ICD) sur le promoteur immobilier en difficulté a pris fin mardi 4 mars, entraînant l’action Colonial à son niveau le plus bas. Si vraiment Dubaï s’est détourné de sa proie, l’histoire n’est pas forcément terminée.

Il est facile de comprendre pourquoi les actionnaires de Colonial, Luis Portillo et le groupe Nozar, qui détiennent ensemble un peu plus de 50 % du capital, n’auraient pas été satisfaits de l’offre d’ICD, qui proposait 1,85 euro par action. Cela représente moins du tiers de ce que valait le titre il y a un an, et cela équivaut à une ristourne de 20 % par rapport à la dernière valeur d’actif net publiée par la société.

L’offre d’ICD était également conditionnée à la vente de certains terrains et de la branche résidentielle de Colonial. Etant donné la faiblesse du marché immobilier, cela aurait pu encore baisser le prix final.

Mais les titres se négocient désormais maintenant à 1,1 euro l’action, ce qui fait apparaître l’offre de Dubaï comme assez généreuse.

Les candidats au rachat, comme General Electric, ont finalement renoncé. Qui plus est, Portillo et Nozar n’ont pas vraiment de pouvoir de négociation. Ils ont emprunté lourdement pour financer leur investissement et ont du mal à rembourser les intérêts.

DETTE DE 8,7 MILLIARDS D’EUROS

Pire, la société elle-même croule sous une dette de 8,7 milliards d’euros, plus de trois fois sa capitalisation boursière ! Pour ne pas enfreindre les accords souscrits dans le cadre de prêts syndiqués, Colonial peut avoir besoin de vendre des actifs. Au prix actuel de l’immobilier, cela pourrait cristalliser encore quelques pertes.

Les prêteurs – Goldman Sachs, Royal Bank of Scotland, Eurohypo et Calyon – doivent espérer que quelqu’un mette bientôt fin aux misères de Colonial. Les prêts peuvent être remboursés s’il y a un changement de contrôle de l’entreprise. Mais les banques ne sont pas les seules à espérer que l’on mette bientôt fin à ce désordre. L’attention consacrée à la situation délicate de Colonial n’est pas forcément bonne pour la réputation de l’économie espagnole.

Fiona Maharg-Bravo


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