Publié par : crise2007 | avril 27, 2008

La Chine s’irrite de la dévaluation du dollar

La Chine s’irrite de la dévaluation du dollar

 

 

« Les actifs libellés en dollars possédés par la Chine sont une richesse gagnée par son peuple à la force de son dur travail. Le gouvernement central a donc l’obligation de les préserver au lieu de permettre la dépréciation du dollar américain, » rappelle M. Mei Xinyu, appartenant au Ministère du Commerce chinois. Depuis le 1er janvier seulement, le dollar a baissé de 5% face au Yuan. Sur les 1 500 milliards de réserves en dollars détenues en Chine, cela représente une perte sèche de 75 milliards.

Mei Xinyu, Shanghai Daily, 21 avril

Le Secrétaire du Trésor américain Henry Paulson s’est récemment rendu à nouveau en Chine avec pour principal objectif de prendre des dispositions en vue de la quatrième session de dialogue économique stratégique Chine Etats-Unis, qui se tiendra aux USA en Juin.

À un moment où le dollar américain connaît une baisse continue et provoque une énorme pagaille dans l’économie mondiale, la Chine doit insister pour faire de la dévaluation du dollar un thème de ce prochain dialogue.

Les effets négatifs du déclin du dollar sont évidents : hausse des prix de toutes les matières premières, intensification de la pression inflationniste au niveau mondial, perturbations dans le règlement des transactions internationales, etc…

Mais le pire de tous, c’est qu’il s’agit là pour les Etats-Unis d’un moyen déguisé pour éviter de régler leurs dettes envers les pays étrangers.

Il convient de noter que les États-Unis sont le plus grand pays débiteur dans le monde.

Selon les statistiques du Départment du Commerce américain, les États-Unis sont devenus un pays débiteur en dès 1986 avec une dette nette annuelle équivalente à 36,2 milliards de dollars au cours d’aujourd’hui. Les États-Unis avaient en 1989 avec une dette nette annuelle, calculée à la valeur du marché, atteignant 47 milliards de dollars.

À la fin 2006, ils avaient accumulé envers l’étranger une dette nette de 16 000 milliards de dollars.

Dans la mesure où la plupart de ces dettes ont été libellées en dollars américains, les États-Unis font en fait défaut de façon malveillante sur leurs dettes en permettant la dévaluation du dollar US.

La Chine, qui est le pays ayant les plus grandes réserves de change au monde, dont la plupart sont libellées en dollars américains, est donc touchée beaucoup plus durement par la dévaluation du dollar US.

La dette elle-même n’est pas un problème aussi sérieux que le fait que les États-Unis ne maintiennent pas le statut de leur crédit.

Pour ce qui est du remboursement des dettes, ils appliquent deux poids deux mesures selon qu’ils s’agisse d’eux-mêmes ou des pays étrangers.

Lors qu’ils exigent le remboursement de leurs dettes par des pays étrangers, ou évaluent des demandes d’aides sous forme de prêts émanant de pays étrangers en raison d’une crise financière interne, les États-Unis attachent une grande importance à la protection de leurs propres intérêts en tant que créanciers.

Le pays débiteur doit modifier ses règles économiques internes conformément aux exigences des États-Unis, payer d’énormes frais sur le prêts, gager en échange du pétrole ou d’autres recettes d’exportation fiables, réviser sa législation sur les faillites afin d’assurer la priorité des revendications provenant des créanciers étrangers, et ainsi de suite.

Mauvais antécédents

Lorsqu’ils sont en situation de créancier, le gouvernement américain, ainsi que les gouvernements de nombreux autres pays occidentaux, ont également appris à faire un plein usage de leur influence politique pour obtenir des avantages supplémentaires.

Toutefois, lorsque les États-Unis sont en situation de débiteur la situation est totalement différente.

Leurs mauvais antécédents d’emprunteur de crédits internationaux peut être retracés dès le moment où ce pays n’était qu’un marché émergent qui dépendait largement des investissements des pays européens.

Au cours de la récession des années 1840, la valeur marchande des obligations municipales américaines avait chuté de 1 dollar à 50 centimes.

Pourtant, cinq États, à savoir la Pennsylvanie, le Mississippi, l’Indiana, l’Arkansas, le Michigan et la Floride, ne furent toujours pas en mesure de payer leur intérêts dûs. En 1990, l’État du Mississippi n’avait pas encore réglé ses dettes vieilles de 150 ans.

Aujourd’hui, les moyens qu’emploie l’oncle Sam pour ne pas honorer sa dette envers les créanciers étrangers sont encore plus directs et plus insupportables.

En 2005, les USA ont fait à la Chine une proposition consistant à permettre dans les six mois l’appréciation de yuan de 27,5% face au dollar, tout en menaçant dans le cas contraire d’imposer une pénalité sous forme d’une taxe douanière de 27,5% sur les importations chinoises.

Cette mesure aurait été équivalente à la demande que la Chine réduise la dette des États-Unis envers elle de 27,5%.

Aussi déraisonnable que cette exigence ait été, les Etats-Unis l’ont proposée comme si elle était tout à fait justifiée.

D’une manière générale, concernant notre commerce extérieur et les négociations économiques, en particulier avec les pays développés, la Chine se trouve encore dans une situation de passivité. La meilleure preuve en est que les principaux thèmes abordés sont souvent proposés par nos homologues étranger alors que la Chine ne se contente que de répondre à ces propositions, ce qui est particulièrement le cas dans nos négociations avec les États-Unis.

En raison des contraintes objectives que constituent notre niveau de développement économique et nos limites en terme de compétences disponibles, il est peu probable que la Chine fasse la différence dans ces situations dans un futur proche. Mais nous ne devons pas non plus tenir cet état de fait pour acquis.

La Chine devrait également mettre en avant ses propres exigences en faveur des intérêts de son peuple, et les exprimer avec force et en toute confiance, tout en faisant également ses propres propositions.

Les actifs libellés en dollars possédés par la Chine sont une richesse gagnée par son peuple à la force de son dur travail. Le gouvernement central a donc l’obligation de les préserver au lieu de permettre la dépréciation du dollar américain.

Par conséquent, la Chine a d’autant plus de raisons de proposer que la dépréciation du dollar soit un thème du prochain dialogue économique stratégique entre la Chine et les Etats-Unis.

(M. Mei Xinyu occupe la fonction de chercheur senior auprès du Ministère du commerce. Les vues exprimées ici sont les siennes. Il peut être joint sur le site http://www.meixinyu.com



Publication originale Shanghai Daily

Illustration : Hank Paulson et Hu Jin Tao (archive)

source : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1939


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