Publié par : crise2007 | avril 28, 2008

Le gouvernement espagnol confronté à une hausse spectaculaire du chômage

Le gouvernement espagnol confronté à une hausse spectaculaire du chômage

 

 

Les faits semblent donner raison aux augures les plus pessimistes sur l’économie espagnole, au point de contraindre le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero à en rabattre sur l’optimisme qu’il a affiché jusqu’ici en dépit des mauvais indices. Vendredi 25 avril, il a annoncé une prévision de croissance pour 2008 en nette baisse, tandis que le chômage s’affichait en forte hausse. L’Institut de la statistique a indiqué que le nombre de chômeurs s’est accru de 246 600, au premier trimestre 2008 par rapport au dernier trimestre de 2007, soit l’augmentation la plus importante des quinze dernières années, tandis que le ministre de l’économie, Pedro Solbes, a réduit de 3,1 % à 2,3 % la prévision de croissance pour l’année en cours.

Tirant les conséquences des effets sur l’économie mondiale de la récession américaine, le gouvernement français a revu à la baisse ses hypothèses de croissance pour 2008. Après avoir longtemps maintenu sa fourchette initiale (2 à 2,5 %)

– le budget ayant été construit sur 2,25 % -, François Fillon avait annoncé, le 27 mars dans L’Express, que la croissance se situerait, cette année, « entre 1,7 et 2 % » du PIB. C’est cette fourchette qui a été officiellement retenue le 15 avril. Depuis, l’Insee a fait état d’un recul marqué des dépenses de consommation des ménages en produits manufacturés (- 1,7 % en mars) et d’une détérioration du climat des affaires dans l’industrie.

En un trimestre, le taux de chômage a fait un bond d’un point, passant de 8,6 % à 9,6 % de la population active, soit le taux le plus élevé depuis le début 2005, après un minimum de 7,95 % à l’été 2007. Situation préoccupante dans un pays où la croissance est très directement liée à la création d’emplois – la population occupée est passée de 13,5 millions à 20,5 millions de personnes en dix ans -, le nombre de postes de travail a diminué de 75 000 en un trimestre, après une baisse de 34 000 au quatrième trimestre 2007. Sur l’ensemble de 2007, cependant, 333 000 emplois ont été créés.

C’est du secteur de la construction, le coeur de l’économie du pays, que proviennent les plus grandes cohortes de nouveaux sans-emploi (- 73 000 emplois). Ils sont victimes du retournement du marché immobilier qui, avec la consommation, a tiré la croissance ces quinze dernières années. Sont aussi très atteints les services (- 77 000 emplois) liés au BTP, notamment dans la promotion immobilière et les agences immobilières. Conséquence directe, les immigrés (14,42 % de la population active) sont les premiers touchés par le chômage. 14,65 % d’entre eux sont au chômage, contre 8,73 % des Espagnols.

M. Solbes a cependant voulu maintenir un certain optimisme. Lors d’une conférence de presse, il a assuré que l’économie continuerait de créer des emplois et qu’une immigration moins importante freinerait l’augmentation de la population active. « Nous ne croyons pas que ces pertes (d’emplois) vont rester à un niveau semblable », a-t-il indiqué. Il a estimé que l’ajustement de l’immobilier est « plus intense » et plus rapide que prévu initialement par le gouvernement, et qu’il serait aussi plus bref. Selon lui, l’économie devrait créer environ 200 000 emplois en 2008, comme en 2009, et le taux de chômage se maintenir sous la barre des 10 %.

Après avoir temporisé avant les élections législatives de mars, le ministre de l’économie a finalement dû adapter sa prévision de croissance. A 2,3 %, elle est proche de celle rendue publique il y a peu par la Banque d’Espagne (2,4 %). Lors de sa conférence de presse, M. Solbes a prédit que l’économie espagnole continuerait de croître davantage que celle des pays voisins et retrouverait son potentiel de 3 % de croissance après 2 009.

Le ministre de l’économie espère que la consommation des ménages, essentielle dans la croissance, « se stabilisera » cette année. C’est tout l’objectif des mesures adoptées lors du premier conseil des ministres du nouveau gouvernement de M. Zapatero, la semaine passée.

La plus importante consiste en une ristourne de 400 euros à chaque redevable de l’impôt sur le revenu, une mesure que le gouvernement dit vouloir maintenir jusqu’à la fin de la législature, en 2012. D’un coût annuel de 6 milliards d’euros, elle consommera plus de la moitié de l’excédent budgétaire, déjà entamé par des moindres rentrées fiscales (les rentrées de TVA ont baissé de 8,2 % sur les deux premiers mois de l’année). Vendredi, M. Solbes a cependant jugé « possible » de dégager de nouveau un excédent en 2008.


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