Publié par : crise2007 | mai 16, 2008

GEAB N°24 est disponible ! Juin/Juillet 2008 – Nouveau point d’inflexion de la crise systémique globale : Quand le mirage de la crise maîtrisée s’évanouit…

GEAB N°25 est disponible ! Juin/Juillet 2008 – Nouveau point d’inflexion de la crise systémique globale : Quand le mirage de la crise maîtrisée s’évanouit…

– Communiqué public GEAB N°25 (15 mai 2008 ) – 

 

 

Les apprentis sorciers sont condamnés à répéter les mêmes erreurs. Ainsi, en 2007, la tentative des autorités et des grands établissements financiers de camoufler la crise des subprimes [1] qui avait pourtant commencé à frapper durement les marchés en Février/Mars 2007 a abouti au choc brutal et durable de l’été 2007. Et nous allons vivre dans les prochaines semaines, un « remake » de ce scénario, avec l’aggravation de la crise financière des mois de Janvier-Mars 2008, dès le début de l’été 2008.

Dans ce numéro 25 du Global Europe Anticipation Bulletin, notre équipe a donc choisi d’analyser cinq des sept tendances en cours qui vont générer ce point d’inflexion de la crise systémique globale (les deux dernières tendances – Europe et Asie – seront analysées dans le GEAB N°26) :

Immobilier : Le plancher toujours plus bas

Bulle financière mondiale : Seule l’inflation progresse

Economie US : La récession s’installe

Déficits publics US : Le grand retour

Dollar : Le rebond qui n’existe pas

Europe : Découplage confirmé – Le coeur de l’Euroland résiste / Royaume-Uni en récession

Asie : Le ralentissement brutal en perspective

Par ailleurs, nous formulons également une série complète de recommandations stratégiques et opérationnelles pour se préparer au choc du début de l’été 2008 (sur abonnement).

Dans ce communiqué public, nous souhaitons expliquer comment la nouvelle période actuelle d’« euphorisation » des acteurs contribue à aggraver le choc à venir.

Ainsi, malgré les évidences quotidiennes de la poursuite de la crise (pertes bancaires et continuation du processus de dépréciation d’actifs financiers [2], multiplication des faillites de banques moyennes notamment aux Etats-Unis [3], fragilisation croissante des grandes sociétés d’assurance [4], poursuite de l’effondrement des prix de l’immobilier [5], contamination de l’économie réelle et des économies hors Etats-Unis [6], poursuite de la chute de la devise US [7], ralentissement économique en Europe [8] ,…), les autorités financières, les grandes banques et les médias internationaux ont entrepris de prétendre que la crise était maîtrisée. Impuissants dans la réalité, ces « apprentis-sorciers » en sont désormais réduits à utiliser l’ « arme psychlogique » pour essayer d’enrayer la crise. Autant dire que la crise systémique globale a de beaux jours devant elle car elle n’appartient pas au domaine du virtualisme où semblent exceller banquiers centraux, banquiers d’affaires et médias financiers. Bien entendu, les grandes banques ont profité de l’ « euphorisation » actuelle pour essayer de faire partager au plus grand nombre les pertes passées, et surtout celles à venir, encore plus importantes [9], en lançant de vastes opérations de recapitalisation [10].

 

Immobilier américain : le plancher toujours plus bas – Evolution des prix de l’immobilier résidentiel dans les 20 plus grandes métropoles US 01/2000-02/ 2008 – Source : S&P Case-Shiller

Pourtant, cette fois-ci, et à la différence de l’année dernière, les acteurs hésitent à être dupés ou le sont à contre-coeur. C’est là, selon LEAP/E2020, un élément psychologique majeur, qui lui ne relève pas du virtualisme ambiant. Il va au contraire accentuer l’impact de la crise quand le mirage de la « crise maîtrisée » va s’évanouir au début de l’été 2008.

En effet, le système financier mondial, et en particulier son pilier américain, joue en la matière son va-tout. L’équipe de LEAP/E2020 n’est pas certaine qu’il l’ait d’ailleurs parfaitement compris. Mais, la crédibilité de la Fed et des grandes banques est aujourd’hui extrêmement faible (ne parlons même pas des autorités politiques). Les opérateurs (qu’ils soient investisseurs individuels, simples épargnants ou fonds souverains) sont méfiants et se demandent actuellement s’ils ne sont pas manipulés. Si, comme le pensent nos chercheurs, d’ici quelques semaines, ils sont obligés de constater qu’ils l’étaient en effet, et que la crise loin d’être « maîtrisée » réapparaît avec une force décuplée, alors, nous allons assister à de véritables mouvements de panique notamment sur les marchés financiers. Car il n’y rien de pire en psychologie de masse que le sentiment collectif d’avoir été trompé sciemment.

Pour prendre une image simple, mais que comprendront tous ceux qui savent que les banques « tiennent » la grande masse des investisseurs par la confiance que leur accordent les épargnants pour gérer leurs placements, il suffit d’imaginer les conséquences d’un soudain refus des épargnants de continuer à laisser les banques gérer leur épargne comme elles le souhaitent, et d’exiger la liquidation de leurs portefeuilles boursiers au profit de placements moins risqués. Les conséquences d’une telle évolution sont de l’ordre d’une baisse de 20% des places financières mondiales en quelques jours. C’est ce cauchemar qui hante les banques centrales et en particulier la Réserve fédérale US et la Banque d’Angleterre (dont les économies de leurs pays respectifs sont étroitement liées au comportement des bourses). Paradoxalement, c’est en refusant d’affronter la crise financière directement qu’ils préparent un choc encore plus brutal.

Car, contrairement à ce qu’ils prétendent (et peut-être même qu’ils croient vraiment), il n’y a plus de plancher pour arrêter la chute ; ou plus exactement, il y a bien un plancher, mais c’est ce dernier qui s’enfonce chaque jour un peu plus [11]. Il est assez ironique de constater que ceux-là même qui affirmaient ces dernières années qu’il n’y avait plus de limites, plus de plafond à la hausse des profits et des bénéfices, sont désormais piégés dans un processus où le plancher tombe toujours plus bas, où les pertes sont inconnaissables car toujours plus importantes du fait de la baisse continue du prix des actifs de référence ; et où les seules choses qui « crèvent le plafond » ce sont les coûts de l’énergie ou des denrées alimentaires. Mais, l’ironie n’est-elle pas la seule force identifiable de l’Histoire ?

Ce qui est tragique, c’est que des milliards de personnes sont piégées avec elles, à commencer par le milliard d’individus qui peine désormais à s’acheter sa nourriture quotidienne du fait de l’inflation des prix des denrées alimentaires de base ; ou bien comme les dizaines de millions d’acheteurs dans l’immobilier de ces dernières années aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne, … qui se retrouvent avec des actifs en constante dévaluation ; ou bien comme les dizaines de millions d’employés, d’entrepreneurs individuels ou de personnels d’établissements publics ou semi-publics qui vont perdre leur travail dans les douze mois à venir.

 

Etat de l’opinion américaine sur la situation de l’économie US (12/2006 – 04/2008 ) – Source : Washington Post/ABC News

« Fallait-il sauver le « soldat Bear Stearns », au prix d’un laxisme financier sans précédent ? » est la question que peuvent se poser aujourd’hui les experts financiers. « Comment peut-on sauver les dizaines de millions d’opérateurs économiques inconnus que la crise est en train d’emporter ? » va devenir la question centrale des décideurs politiques, économiques et financiers à partir de l’été 2008. Au vu du virtualisme ambiant qui semble considérer que la manipulation de l’information est le summum du savoir-faire en matière de pouvoir, notre équipe est plutôt pessimiste sur la capacité des dirigeants mondiaux à répondre efficacement à la deuxième question. Mais dans tous les cas, c’est bien celle là qui est importante car elle appartient encore à l’avenir, même si le délai devient très court.

Dans le prochain numéro du GEAB, celui de l’été 2008, notre équipe abordera en détail les perspectives du second semestre 2008 pour chaque grande région de la planète ; ainsi que les options disponibles, par régions et par secteurs et catégorie d’actifs.

Le numéro complet (GEAB N°25) est disponible sur abonnement


 

[1] Notre équipe avait alors appelé cette opération un « processus d’euphorisation des acteurs ».

[2] Chaque jour ou presque une banque américaine, européenne ou asiatique annonce des milliards de dollars US ou d’Euros de nouvelles pertes ou réductions de ses profits, comme par exemple rien qu’au cours des 5 dernières semaines : Citigroup (source : Bloomberg, 18/04/2008), UBS (source : New York Times, 07/05/2008), Crédit agricole (source : France24, 13/05/2008), HSBC (source : ICWales, 12/05/2008), Lehman Brothers (source : Financial Post, 17/04/2008), Deutsche Bank (source : International Herald Tribune, 29/04/2008), Mizuho Bank (source : India Times, 11/04/2008), Royal Bank of Scotland (source : Financial Week, 28/04/2008), etc.. la liste exhaustive serait très longue.

[3] Déjà trois faillites bancaires en trois mois aux Etats-Unis, sans compter Bear Stearns racheté par JP Morgan avec l’argent de la Fed pour éviter sa faillite, et CountryWide dont Bank of America, son acheteur providentiel, semble de plus en plus réticent à conclure l’opération. Sources : CNNMoney, 12/05/2008 & BusinessWeek, 06/05/2008.

[4] En fait, comme notre équipe l’avait annoncé il y a déjà plusieurs mois, les grandes compagnies d’assurances commencent également à être obligées de reconnaître des pertes très importantes du fait de la crise. Ces dernières semaines, ce sont deux grandes assurances américaines, AIG, le leader mondial, et State Street (qui risque la faillite), qui ont ouvert le bal. Mais elles ne sont que les premières d’une longue liste car les assurances sont prises comme les banques dans la tenaille des dépréciations d’actifs et des assurés en voie d’insolvabilité. Sources : CNNMoney, 09/05/2008 & DowJones/EfinancialNews, 08/05/2008.

[5] Les prix de l’immobilier résidentiel ont baissé de 7,7% en moyenne au premier trimestre 2008 aux Etats-Unis, soit la plus forte baisse enregistrée depuis au moins 29 ans (quand ont commencé ces statistiques). Et au Royaume-Uni, le gouvernement s’inquiète d’une baisse d’au moins 10% des prix de l’immobilier cette année. Sources : Bloomberg, 13/05/2008 & Telegraph, 14/05/2008.

[6] Lire à ce sujet le très bon article d’Ambrose Evans-Pritchard dans le Telegraph du 13/05/2008.

[7] La Réserve fédérale d’Atlanta souligne ainsi dans son communiqué du 07/05/2008 que le Dollar US a dépassé en Avril ses plus bas historiques par rapport à l’ensemble des grandes devises mondiales. Il ne s’agit pas seulement de la parité EURUSD, mais bien d’un processus d’effondrement par rapport à toutes les grandes monnaies mondiales. Source : Federal Reserve Bank of Atlanta, 07/05/2008

[8] Source : Commission européenne, 28/04/2008

[9] Comme l’a souligné récemment, David Rubinstein, le patron du Carlyle Group. Source : Bloomberg, 12/05/2006

[10] Comme par exemple, Washington Mutual (source : La Tribune, 08/04/2008), Citigroup (source : BBC News, 29/04/ 2008 ) , Royal Bank of Scotland (source : SkyNews, 22/04/2008) et bien d’autres encore comme Société Générale, UBS, … ou qui se sont renflouées provisoirement ces derniers mois par l’injection de capitaux des fonds souverains. Alors évidemment, il faut que ces opérations paraissent être des occasions à ne pas manquer … au moins pour quelques mois.

[11] L’exemple le plus flagrant est actuellement constitué par le marché immobilier américain dont les prix ne cessent de baisser, alors que la récession économique en cours dissuade les acheteurs potentiels de profiter de la baisse des prix, tandis que les banques qui croulent déjà sous les stocks de biens immobiliers saisis réduisent leurs prêts immobiliers à d’éventuels acheteurs. Cela contribue à faire baisser les prix toujours plus bas, à accroître les dépréciations d’actifs des banques, à réduire la capacité d’endettement des ménages, à ralentir les dépenses liées à l’immobilier (un secteur clé de l’économie US), à réduire les rentrées fiscales et à convaincre encore plus les potentiels acheteurs d’attendre. C’est ainsi que le plancher s’enfonce toujours plus bas sous les pieds des consommateurs, des banques, des entreprises et des autorités locales, nationales et fédérales. Pour notre équipe, cet effet « descenseur » continuera au moins jusqu’à la fin 2009.

 

source : http://leap2020.eu/GEAB-N-25-est-disponible-!-Juin-Juillet-2008-Nouveau-point-d-inflexion-de-la-crise-systemique-globale-Quand-le-mirage-de_a1678.html?PHPSESSID=146bf48ba89b543b7271c2bd8f581e49


Responses

  1. « Par ailleurs, nous formulons également une série complète de recommandations stratégiques et opérationnelles pour se préparer au choc du début de l’été 2008 (sur abonnement). »

    ah les saligauds, ils peuvent pas filer des tuyaux pour affronter la crise gratuitement ?

    bravo pour les infos mais on voit bien qu’au dernier moment la nature humaine ressurgit et ce qu’on prend pour un altruisme généreux n’est qu’en fait un achalandage…

    eh bien non, dans ces moments de crise je n’ai pas 200 euros à lâcher comme ça… alors je vais tenter de faire comme je peux avec les infos disponibles.

  2. ps : ça se la joue grand seigneur avec de bons tuyaux mais en forçant la main pour prendre l’abonnement, finalement, ils sont au même niveau que les générateurs de cette crise : amateurs de profit.

  3. Rien de tel que de faire peur aux gens pour leur faire souscrire un abonnement, ou leur faire vendre leurs actifs à des prix bradés.
    A quand un PER de 1 ??? C’est à dire une année de profit pour rembourser l’achat de l’action ?
    Sur certains actions solides, on est déjà à des PER de 6, ce qui signifie qu’en 6 ans, vous remboursez votre capital engagé !!! Le risque vaut plus que jamais le coup d’être tenté. Si jamais il y a un effondrement suplémentaire, et bien votre soucis, ce ne sera plus les actions de toutes façons…. Cela signifiera tout simplement que la monnaie n’existe plus ! Et ça, c’est pas près d’arriver !

    http://www.gigi75.over-blog.com/


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