Publié par : crise2007 | octobre 11, 2008

D’où sortira l’argent pour sauver les riches et les banques ?

D’où sortira l’argent pour sauver les riches et les banques ?

 

 

Une des questions que se posent le plus les citoyens ordinaires est de savoir d’où va sortir et d’où sortent les centaines et centaines de milliards de dollars que les banques centrales et le trésor des États-Unis mettent à la disposition des banques.

 

La question est pertinente car elle permet vraiment de remarquer l’ampleur de l’aide destinée à ceux qui sont déjà les plus riches du monde. Ce qui est surprenant, surtout en comparaison avec d’autres besoins pour lesquels il n’y a jamais de l’argent.

Alors que l’économie mondiale s’effondre : la fortune des riches double le PIB mondial.

Selon l’ONU près de 5000 enfants meurent chaque jour de soif. Pour fournir de l’eau potable à l’ensemble de la planète, il faudrait 32.000 millions de dollars (et arrêter la cupidité criminelle de quelques-unes des grandes multinationales, bien sûr).

Dans le monde, il existe 925 millions de personnes qui souffrent de la faim et peut-être beaucoup d’autres souffrant de malnutrition grave.

Pour mettre fin à cette tragédie, la FAO dit qu’il faudrait 30.000 millions de dollars.

C’est à dire, que pour que personne dans le monde ne meure de faim ou de soif, il faudrait seulement plus ou moins 40% de ce que la Banque centrale européenne a injecté dans les marchés le 29 septembre dernier.

Il est normal que les gens se posent des questions sur ce révoltant et immoral contraste.

Qu’ils se demandent comment il est possible que la faim et la soif d’un milliard de personnes n’est pas considérée comme une crise assez grave pour que les banques centrales apportent le financement qui pourrait la résoudre. Et, comme je l’ai dit au début, ils se demandent d’où sort tout cet argent mis à la disposition des riches.

La réponse à cette question est claire et pour vous donner un exemple, je me réfère au cas particulier américain.

L’argent avec lequel Bush prétend faire face à la crise financière viendra de trois sources majeures. Les connaissant, nous pourrons anticiper ce qui se passera dans le monde dans les prochains jours. Voyons voir.

Tout d’abord, les ressources viendront de l’augmentation de l’endettement extérieur de l’économie américaine.

Pour cela, il faudra réussir à placer à l’étranger les obligations et autres titres de créances, ce qui va entre autres choses, changer inévitablement la carte politique et la répartition du pouvoir dans le monde. La Chine, l’Inde et d’autres pays deviendront plus forts, tandis que l’économie américaine s’affaiblira en devenant plus dépendante.

En second lieu, les ressources proviendront de l’impression de plus de dollars. C’est quelque chose qui a déjà eu lieu et a été prémédité bien qu’on n’en parle pas beaucoup. En décembre 2005, la Réserve fédérale a convenu qu’à partir de mars 2006 on n’allait pas publier le chiffre que les économistes appellent M3 (la quantité de dollars circulant dans la forme de billets de banque, pièces de monnaie et dépôts à vue).

Il ne faut pas être un lynx pour réaliser ce qui se cache derrière cette décision : une croissance vertigineuse de la quantité de dollars en circulation.

Des estimations non officielles indiquent que M3 est passé d’un peu plus de 7% du PIB aux États-Unis en juin 2006 à 18% en février 2008 (depuis lors, il a commencé à s’écrouler de façon spectaculaire jusqu’au niveau le plus bas atteint depuis 1959, mais avec comme conséquence le retrait de la liquidité bancaire qui a conduit à la crise).

Pour que cette source de mobilisation de ressources soit possible, les États-Unis doivent recourir à leur pouvoir impérial pour placer dans le monde une monnaie chaque fois plus dévaluée et plus faible. La conséquence plus que prévisible n’est pas très agréable : accroître sa présence militaire et essayer de provoquer des pôles d’instabilité pour justifier sa présence et ancrer ainsi son pouvoir en tant que première puissance mondiale.

Enfin, les ressources proviendront aussi des citoyens eux-mêmes, directement sous forme d’impôts, ou indirectement, sous forme de renoncement aux dépenses publiques que représentent les revenus indirects (comme la santé ou l’éducation) ou différés (comme les pensions).

Je me risque ici à prédire que nous entendrons bientôt le discours contraire à celui que nous avons entendons jusqu’à aujourd’hui. Maintenant, nous allons dire que les impôts sont bons, que nous devons tous contribuer à la réalisation de la stabilité économique et nous devons tous mettre la main à la pâte. Cela a en fait déjà commencé avec le refrain habituel éhonté que pour sortir de cette crise on doit modérer les salaires.

À partir de ces sources viendra l’argent pour que les riches qui ont provoqué cette crise avec leur cupidité criminelle puissent en sortir sans même être décoiffés.

À moins que les citoyens que nous sommes s’opposent et appellent à des solutions plus justes, qui ne comportent pas de tels privilèges, que les responsables répondent de leur faute et restituent aux citoyens les ressources qui sont les leurs.

* Torres Juan Lopez est professeur d’économie appliquée à l’Université de Séville.

Son site personnel : http://www.juantorreslopez.com

 

source : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5188


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