Publié par : crise2007 | novembre 24, 2008

General Motors, nouvelle victime de la crise économique

General Motors, nouvelle victime de la crise économique

 

 

par Bill Bonner
 

** Cette correction commence à faire mal.

* Lundi dernier, l’indice Morgan Stanley montrait que la perte de valeur, dans le monde entier, se montait à 30 000 milliards de dollars environ. Mercredi, une mise à jour nous est parvenue : 2 000 milliards supplémentaires avaient été perdus. Et ça continue.

* Bientôt, M. le Marché aura corrigé l’intégralité du rallye du XXIème siècle. Souvenez-vous : nous étions d’avis que le marché baissier a commencé en janvier 2000. Les actions ont chuté. Puis, en octobre 2002 a commencé une tendance haussière, que la plupart des gens ont pris pour un nouveau marché haussier. Nous pensions que ce n’était qu’un rebond de marché baissier — un piège pour investisseurs peu méfiants. Mais il a duré si longtemps, et a mené les prix des actions si haut que même nous, nous avions du mal à nous tenir à notre histoire.

* A présent, nous constatons que nous avions raison. Quasiment tous les gains engrangés par les investisseurs depuis le début du siècle ont désormais été corrigés.

* Et maintenant ? M. le Marché va-t-il s’arrêter là ? On ne dirait pas. Nous ne l’avons jamais vu si en colère… ou si déterminé à causer des dommages. Il nous semble qu’il veut corriger bien plus que le rebond de marché haussier…

* … peut-être va-t-il corriger toute la ruée haussière entamée en 1982. Si c’est le cas, on peut s’attendre à voir le Dow rejoindre les 3 000 points (en ajustant le niveau de 1982 à l’inflation).

* … peut-être va-t-il administrer une raclée aux baby-boomers. Ils n’ont pas épargné. Ils ont été imprudents et dépensiers. Ils ont vécu une vie enchantée ; ils sont nés juste après la dernière Grande calamité — la période 1914-1945. Mais à présent, on dirait qu’une correction les attend… une correction de leurs sottes habitudes et de leurs idées idiotes. En d’autres termes, on dirait que les boomers vont transpirer — pour la première fois de leurs vies.

* … peut-être va-t-il corriger le système d’argent fictif post-71 tout entier, rabattant un peu le caquet du dollar pour que ce dernier ne soit plus la seule devise de réserve au monde.

* … ou peut-être va-t-il corriger quelque chose de plus grand encore. Une « correction », c’est un épisode — inévitable mais rare — durant lequel les erreurs sont identifiées et rectifiées. Mais il y a une autre manière de voir les choses : c’est une période durant laquelle les choses reviennent à la moyenne… à la normale… là où elles « devraient » être.

* Eh bien, il n’est pas « normal » que le prix du pétrole, par exemple, passe d’à peine 30 $ à près de 150 $ en quelques années. Actuellement, nous voyons l’or noir revenir à des niveaux plus normaux. Il revient à la moyenne.

* Ce n’est peut-être pas « normal » non plus qu’un habitant de Détroit gagne 35 $ de l’heure tandis qu’un citoyen de Shanghai ne gagne que 1,50 $. Le travail effectué par les deux hommes devrait valoir à peu près la même chose. Et durant la majeure partie de l’histoire, il n’y avait probablement pas beaucoup de différence. Au XVIIIème siècle, par exemple, les économistes pensent que les gens avaient à peu près le même niveau de vie qu’ils soient à Delhi, Détroit ou Dongguan. Puis une anomalie a commencé. Détroit a décollé. Les gens en Europe… ou d’ascendance européenne… se sont mis à gagner nettement plus que les autres.

* Naturellement, les Européens ont développé un certain sentiment de supériorité.

* « Qu’est-ce qui sépare le monde civilisé des barbares ? » raillaient les Français. « La Méditerranée ! »

** A présent, ce sont les Européens et les Américains qui sont du mauvais côté de la Méditerranée. Ils ont un gros désavantage : leurs coûts sont trop élevés. Il suffit de regarder Détroit. La main-d’oeuvre y est trop coûteuse. Il y a trop de frais généraux… trop d’avocats et de bureaucrates… trop de personnel… trop de dépenses pour des obstacles que les concurrents chinois n’ont pas.

* Et aujourd’hui, les Chinois proposent de racheter General Motors (GM) ! Incroyable, non ? Ce qui était bon pour GM était censé être bon pour les Etats-Unis — du moins pendant les jours glorieux de GM. A présent, ils parlent de vendre tout le secteur automobile américain aux communistes. A la Chronique Agora, nous souffrons d’un sérieux excès d’ironie… Nous lisons les gros titres… et nous ne savons tout simplement pas quoi en penser.

* Mais la semaine dernière… une pensée nous est venue. Et si M. le Marché avait l’intention de corriger tout l’avantage occidental ? S’il avait l’intention de corriger la Révolution industrielle toute entière… ramenant le PIB per capita du monde développé au niveau de celui de la Chine et de l’Inde ? Peut-être a-t-il l’intention de bouleverser le ciel une fois encore ? Peut-être verrons-nous les cinq étapes de l’effondrement — financière, économique, politique, sociale et culturelle… ainsi que quelques ouragans et une épidémie majeure !

* Mais nous n’allons pas nous inquiéter. Tout cela est dans l’avenir… peut-être un avenir distant. Revenons-en à ce qui se passe en ce moment.

* Les autorités sont désormais en plein mode inflationniste. Elles émettent autant de cash qu’elles le peuvent. Mais aussi vite qu’elles créent du nouvel argent — M. le Marché le détruit plus rapidement encore.

* Que se passera-t-il aujourd’hui ? Qui sait ? Mais les milliards continuent de s’évaporer…

* Un article de Reuters nous dit qu’il faudra bien plus que ce que Paulson a pour réparer ce qui ne va pas dans le monde de la finance. Les institutions financières ont besoin de 1 000 à 1 200 milliards de dollars pour réparer leurs bilans, déclare un analyste.

* Rappelez-vous, c’est une « récession de bilan », non une récession économique standard. Les entreprises, les gouvernements, les consommateurs, les investisseurs — nous recherchons tous désespérément du liquide pour reconstruire nos finances. Nous devons rembourser nos dettes et augmenter notre épargne.

* Etant donné la taille des trous qui restent à remplir, on peut s’attendre à de grandes quantités de sable, de roches et de gravier provenant des banques centrales du monde entier. En fait, un article, la semaine dernière, nous dit que la taille de la campagne — en termes de dollars — dépasse déjà les 4 000 milliards de dollars… soit plus que le coût de la Seconde Guerre mondiale.

source : http://www.la-chronique-agora.com/articles/20081124-1372.html


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