Publié par : crise2007 | mai 18, 2009

L’assouplissement quantitatif, synonyme d’inflation, de déficits et de perte de pouvoir d’achat

L’assouplissement quantitatif, synonyme d’inflation, de déficits et de perte de pouvoir d’achat

ar Eric J. Fry

** Qu’est-ce qui vient après 1 000 milliards de dollars ? De l’inflation… beaucoup d’inflation.

– Il y a quelques temps, le FMI a doublé ses estimations concernant les pertes du secteur bancaire, les faisant passer à 2 000 milliards de dollars (alors que de nombreux économistes privés mettent ce chiffre entre 3 000 et 4 000 milliards de dollars). De plus, le gouvernement américain de 2009 ne compte pas uniquement son budget en milliers de milliards de dollars, il compte ses déficits budgétaires en milliers de milliards. Selon les dernières estimations, le tout premier budget du président Obama produira un déficit de 1 800 milliards de dollars en 2010. Et c’est là l’hypothèse optimiste.

– Mais où est le choc suite à cette nouvelle choquante ? Où est la stupeur ? Où est le scandale face au coût exorbitant du renflouage des spéculateurs égoïstes de Wall Street ?

– Il n’y en a pas. Pas de choc. Pas de stupeur. Pas de scandale… et la raison en est très simple : quasiment personne ne comprend… littéralement. Les chiffres sont simplement trop gigantesques.

** « L’ampleur de ce que le président Barack Obama se propose de faire à l’économie américaine est si énorme, d’une telle portée, et potentiellement si désastreux que le parti [républicain] a du mal à le décrire », écrit Byron York, correspondant politique en chef du Washington Examiner.

– « Les experts ès relations publiques du parti républicain luttent contre ce que les universitaires appellent une ‘insensibilité de portée' », continue York. « Cela nous affecte tous ; nous pouvons comprendre quelque chose sur une petite échelle mais nous avons du mal à comprendre la même chose sur une échelle gigantesque. Cette insensibilité est un obstacle majeur pour la compréhension du budget 2010 de 3 600 milliards de dollars de l’administration Obama. Les gens ont simplement du mal à comprendre un si grand chiffre ».

– Pas étonnant qu’un déficit de 2 000 milliards de dollars semble flou et peu problématique. « [Un sondeur républicain] essaie de l’expliquer », continue York, « en demandant aux gens d’envisager un dollar comme une seconde — un dollar, un petit ‘tic’ de votre montre. Un million de secondes, explique le sondeur, font 11 jours. Un milliard de secondes égalent 31 ans. Et 1 000 milliards de dollars égalent 310 siècles… Après avoir passé en revue les chiffres du budget Obama avant qu’ils ne soient formellement soumis au Congrès américain, Peter Orszag, directeur du budget, a déclaré que le déficit de cette année se montera à 1 841 milliards de dollars — 89 milliards de plus qu’estimé précédemment. Si vous écoutez le tic-tac de votre montre, cela représente environ 570 siècles ».

– Et n’oublions pas que le budget Obama part du principe que l’économie augmentera au taux annuel de 3,5% d’ici la fin de l’année. C’est déjà un bon chiffre quand les temps sont faciles. Lorsqu’ils sont difficiles, comme ce que nous vivons actuellement, un taux de croissance de 3,5% n’est rien de plus qu’une folie. Nous sommes donc d’avis que le déficit budgétaire réel sera bien plus profond que les chiffres déjà vertigineux avec lesquels joue le camp Obama.

** Qu’est-ce que tout cela signifie pour les investisseurs ? Difficile à dire exactement… mais pas si difficile à dire de manière vague. Un déficit de financement de 1 800 milliards de dollars, ça fait un très grand trou à combler. En fait, c’est un trou si profond que les recettes fiscales ne suffiront pas à le combler. Les capitaux étrangers et/ou l’épargne interne pourraient en théorie y parvenir. Mais dans le monde réel, ce n’est guère probable — pas avec des taux d’intérêts limités à 3% ou 4% sur 10 ou 30 ans. La « solution » la plus probable au déficit de financement est aussi la plus expéditive : le gouvernement s’achètera des obligations à lui-même.

– Cet antique remède contre l’imprudence budgétaire s’appelait autrefois dévaluation de la devise. Aujourd’hui, cependant, ce processus s’est doté d’un air de sophistication en s’attribuant le titre d' »assouplissement quantitatif ». Le nom est différent, le résultat est identique : l’inflation.

– Les marchés financiers en ont déjà reconnu l’odeur. Depuis le 18 mars, date où la Réserve fédérale a annoncé son intention d’acquérir 300 milliards de dollars de dette du Trésor, la plupart des marchés ont commencé à prendre en compte une menace inflationniste. L’or, les matières premières et les rendements obligataires ont commencé à grimper, tandis que la valeur du dollar s’est orientée à la baisse.

– « Nous assistons à un désendettement dont l’échelle, dans le monde, est absolument vertigineuse », avertit John Mauldin, rédacteur de la lettre Outside the Box. « Et pour compenser, les gouvernements vont devoir émettre des quantités gigantesques de dette souveraine pour traiter leurs déficits. Mais qui les achètera, et à quel prix ? Dans quelle devise ? Même si nous comprenons ce défi, son résultat final n’est pas clair — sinon une volatilité stressante à mesure que le marché réagit ».

– Nous sommes d’avis que la volatilité sera bien moins stressante pour ceux qui auront une part significative de leurs actifs en or et en matières premières. Ce stress pourrait même se transformer en plaisir pour les détenteurs d’or si, comme nous le prévoyons, les gouvernements mondiaux mettent un tel enthousiasme à commettre le vol furtif qu’est la dévaluation monétaire. On peut déguiser le processus de dévaluation avec du jargon de Harvard, l’entourer de whitepapers de la Fed et le rebaptiser « assouplissement quantitatif ». Mais même avec tout ça, on a toujours le même procédé de dévaluation monétaire, qui produit les mêmes résultats : l’inflation et la perte de pouvoir d’achat.


Responses

  1. Il est possible que l’or lui-même perde sa valeur. Rappelons qu’il ne se mange pas, ne produit rien et ne rapporte que ce que la spéculation veut bien lui accorder. Le renversement de toutes les valeurs avec, comme symbole, l’or devenu pacotille : voilà peut-être une issue à la crise.


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